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28/10/10
The animal spirits
SLOUGH FEG
 
Quand le respect des traditions ne se traduit pas par un archaïsme recroquevillé sur des recettes éculées, on assiste à une jubilatoire revivification d’un patrimoine précieux. Depuis le début des années 90, c’est exactement la démarche retenue par THE WEIRD LORD SLOUGH FEG, devenu en cours de route SLOUGH FEG. Le quatuor s’affiche sans ambages comme l’héritier de la New Wave of British Heavy Metal.

Les exercices de guitares jumelles abondent, à tel point qu’un titre comme l'instrumental Materia Prima semble tout droit issu des sessions du Powerslave de IRON MAIDEN ! La complémentarité des deux guitaristes Michael SCHALZI et Angelo TRINGALI ne vise pas à torcher des mélodies chantonnantes débitées à toute vitesse (on n’est pas dans un exercice de Power Metal à l’allemande !) mais bien d’apporter des enluminures mélodiques pleines de feeling qui rappelleront les exercices de double guitare propres à THIN LIZZY, voire WISHBONE ASH. Point commun avec le groupe mythique de Phil LYNOTT : SLOUGH FEG professe un amour pour les airs traditionnels irlandais. Autre exemple, le riff du superbe The Tale-Tell Heart rappelle un peu le MOTÖRHEAD de Another Perfect Day. Avouez qu'on a connu plus mal inspiré !

Pour autant, SLOUGH FEG ne saurait être assimilé à un succédané tardif de la Vierge de fer et d’une quelconque autre formation. Le groupe représente plutôt une synthèse habile et parfaitement maîtrisée ; en effet, les structures des morceaux sont plus simples, plus directes et le chant limité mais modulé de Michael SCHALZI n’a rien à voir avec les acrobaties lyriques d’un Bruce DICKINSON.

Que le tempo se fasse modéré (Ask The Casket) ou que la rythmique soit plus appuyée (Tactical Air War, Trick The Vicar), SLOUGH FEG dégage systématiquement une énergie, une force de conviction qui, conjuguées avec une production très claire et sans fioritures et un don pour la composition immédiatement mémorisable (Kon Tiki, The Tale-Tell Heart), suscitent irrémédiablement l’enthousiasme. The Animal Spirits s’impose comme un impératif catégorique de cette fin d’année.
Alain
Date de publication : jeudi 28 octobre 2010