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Chronique
ALICE IN CHAINS - Black gives way to blue

Style : Rock
Support :  CD - Année : 2009
Provenance du disque : Acheté
11titre(s) - 54minute(s)

Site(s) Internet : 
ALICE IN CHAINS WEBSITE

Label(s) :
Virgin
EMI
 (16/20)

Auteur : Chouman
Date de publication : 25/03/11
Dimension mythique
Le mois d’avril se révèle funeste pour la scène de Seattle : huit ans après le suicide de Kurt COBAIN, le 5 avril 1994, une autre de ses figures majeures disparaît. Layne STALEY est retrouvé mort le 20 avril 2002, victime d’une overdose de speedball, un mélange de cocaïne et d’héroïne. Malgré de nombreuses cures de désintoxication, le chanteur d'ALICE IN CHAINS a donc été rattrapé par le sombre destin qui semblait le guetter dès la parution du monumental album Dirt en 1992, qui évoquait largement la dépendance à l’héroïne dont il souffrait.
Sa tragique disparition confère une dimension mythique au concert acoustique enregistré en 1996 pour l’émission MTV Unplugged. Layne STALEY y apparaît très diminué, le regard dissimulé derrière des lunettes noires, mais réalise néanmoins une prestation époustouflante. Sa voix accablée est magnifiée, notamment sur des titres tels que Sludge Factory ou encore Would ?. Ce show fait figure de testament pour un homme que son combat contre l’addiction a contraint à refuser de défendre sur scène l’album éponyme d'ALICE IN CHAINS, qui parvient parfois à se hisser au même niveau que Dirt. Tout indique alors que, sans son inoubliable chanteur, la formation ne se produira plus jamais sur scène.

Cependant, les trois membres survivants donnent en 2004 un concert au profit des victimes du tsunami en Asie du sud-est. C’est alors que Jerry CANTRELL envisage d’associer au groupe son ami William DUVALL, qu’il a rencontré peu après s’être installé à Los Angeles. ALICE IN CHAINS effectue ainsi une tournée avec ce nouveau line-up en 2006, passant notamment par le festival Rock am Ring James HETFIELD, chanteur de METALLICA, les rejoint sur scène. Si le nouveau chanteur y réalise une prestation tout à fait convaincante, il semble alors prématuré d’espérer un retour discographique d’ALICE IN CHAINS. Cet événement inespéré des fans se produit le 28 septembre 2009 avec la sortie de Black Gives Way to Blue.
Le nouvel album s’inscrit dans la continuité des trois LP parus du vivant de Layne STALEY, le son demeurant celui du Heavy Metal . Ainsi, la production, confiée à Nick RASKULINECZ, connu notamment pour son travail avec les FOO FIGHTERS, se caractérise par des guitares fréquemment en avant dans le mix. Le riff très accrocheur de Check My Brain, un hit immédiat, en apporte l’illustration dès la deuxième plage.
ALICE IN CHAINS reste également fidèle aux ambiances pesantes, oppressantes, qui ont fait sa réputation. Ces sensations apparaissent dès l’intro de A Looking in View, propulsée par la frappe lourde de Sean KINNEY, rejoint par Jerry CANTRELL qui réalise un riff plutôt lugubre. Les couplets sont caractérisés par les voix caverneuses du duo de chant que CANTRELL forme désormais avec DUVALL.
Les parties de guitare de CANTRELL se révèlent souvent torturées et construites sur des dissonances, ce dont témoignent par exemple les chromatismes de l’intro d’Acid Bubble. A cet égard, la construction des morceaux de l’album fait parfois penser à celle des titres de l’album éponyme, le Chien à trois pattes. De manière générale, la continuité observée dans les titres d’ALICE IN CHAINS après la disparition de STALEY s’explique aisément puisque Jerry CANTRELL a toujours été le principal compositeur du groupe.

Cependant ALICE IN CHAINS ne saurait se réduire à son versant metal. Le groupe incorpore en effet fréquemment des ambiances acoustiques mélancoliques voire désolées, notamment depuis l’EP Jar of Flies qui révélait cette facette du groupe. Black Gives Way to Blue perpétue cette tendance et propose plusieurs ballades plutôt réussies. On peut citer Your Decision ou encore Private Hell, morceau au refrain entêtant et poignant. L’intro de ce titre repose d’ailleurs sur des arpèges, formule fréquemment employée par le groupe pour la création d’un climat mélancolique, comme peut l’illustrer Rotten Apple sur Jar of Flies.

Le choix du titre de l’album est sans équivoque, le fantôme de Layne STALEY planant sur Black Gives Way to Blue. Ce titre indique que le désespoir de ses camarades s’est mué en mélancolie, « blue » pouvant signifier triste en anglais. Le titre d’ouverture All Secrets Known évoque ainsi le travail de deuil accompli par le groupe. Le refrain et en particulier le vers : « There’s no going back to the place we started from. », montre que les membres du groupe ont accepté la perte de leur ami.
L’album prend d’ailleurs fin sur le morceau titre Black Gives Way to Blue, qui constitue un vibrant hommage de CANTRELL à son frère d’armes. Soutenu par le délicat piano d’Elton JOHN, le guitariste indique que le souvenir de son ami l’accompagne en permanence. Il chante ainsi : « Emptiness… all tomorrows haunted by your ghost. » puis, à deux reprises, « I remember you. ».

Comme pour indiquer que Layne STALEY est irremplaçable, la voix de William DUVALL est rarement mise en avant, à l’exception notable de Last of My Kind, sur lequel il met en valeur sa maîtrise technique. Autre caractéristique majeure de la musique d’ALICE IN CHAINS, les harmonies vocales chères à Jerry CANTRELL se retrouvent sur ce nouvel album, même si les deux voix se mélangent parfois à l’unisson.

Black Gives Way to Blue comporte cependant des moments d’apaisement. Même si Check My Brain est introduit par un riff d’outre-tombe, ce morceau évoque simplement l’installation de Jerry CANTRELL en Californie. Le guitariste n’aurait jamais imaginé s’y établir mais se rend compte qu’il s’y sent bien, comme l’indiquent les refrains non dénués d’humour : «California, I’m fine, somebody check my brain».
Par ce nouveau disque, ALICE IN CHAINS a clairement réussi sa résurrection. Certains de ses titres emblématiques étaient déjà présentés au public des festivals organisés lors de l’été 2009, avant même la parution de Black Gives Way to Blue. Les fans présents ont ainsi pu apprécier les talents de chanteur et de frontman de William DUVALL, mais aussi constater que Jerry CANTRELL participait largement aux parties vocales. Cette évolution se révèle logique puisque Layne STALEY avait beaucoup encouragé son camarade en ce sens, ce dont témoignaient plusieurs morceaux de l’album éponyme, notamment le très agréable Heaven Beside You, où le guitariste assurait les voix principales.
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luxapan Le jeudi 22 juin 2017

Ville : Quelmes
Alice n'a sorti que d excellents albums. Celui ci est encore une fois sublime, varié et trés touchant. Du grand art.
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