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26/06/13
Novum initium
MASTERPLAN
 
Cette belle année 2013 nous a apporté bon nombre d’excellentes surprises durant le premier semestre, telles que les opus de BATTLE BEAST, DEATH DEALER, BLACK SABBATH, DEEP PURPLE ou STRATOVARIUS. Le metal progressif n’est pas en reste avec quelques pépites comme celles des californiens de SPOCK'S BEARD ou des "frenchies" de PRYDE. Et le nouveau MASTERPLAN ne va pas ternir ce productif et savoureux millésime. En effet, la cinquième offrande des teutons est plus puissante et plus inspirée que la rondelle précédente, Time To Be King, bien que cette dernière ne soit pas extrêmement mauvaise non plus. Sur Novum Initium, la formation menée par Roland GRAPOW, l’ancien guitariste des leaders du happy-metal à l’allemande, j’ai nommé HELLOWEEN, a décidé de reprendre les choses en main avec, notamment, un nouveau line-up. Exit Jorn LANDE, Jan S. ECKERT et Mike TERRANA, ce sont désormais Rick ALTZI (AT VANCE), Jari KAINULAINEN (ex-STRATOVARIUS) et Martin SKAROUPKA (CRADLE OF FILTH) qui les remplacent respectivement au chant, à la basse et derrière les fûts. Le seul rescapé est Axel MACKENROTT, claviériste du quintet depuis 2003.

Qu’est-ce que ce nouvel opus apporte au répertoire du groupe, me demanderez-vous ? Et bien, pour être honnête, beaucoup de choses. Tout d’abord, la musique se fait plus aérienne avec des lignes de claviers plus omniprésentes, une sorte de retour aux sources (Masterplan – 2003), mais en apparence seulement. Par ailleurs, les morceaux sont plus directs avec de grosses guitares mises en avant et une basse bien ronde. Il s’agit d’une bonne chose, car bien que Time To Be King (2010) était déjà assez puissant dans l’ensemble, il pêchait par une trop grande mélodicité. Ici, le power metal progressif de MASTERPLAN est plus brut de décoffrage. Dès les premières notes de The Game, qui fait suite à l’ouverture grandiloquente intitulée Per Aspera Ad Astra (littéralement en français « Par des sentiers ardus jusqu’aux étoiles », locution latine qui était la devise de l’Empire Allemand de 1871 à 1918), le ton est donné : le son est dynamique, moins axé sur les mélodies, mais plus sur les riffs lourds et heavy. Bien sûr, MASTERPLAN n’est pas un groupe de metal bourrin, mais le power mélodique s’est légèrement teinté d’éléments progressifs, telles que des rythmiques moins conventionnelles et aussi beaucoup d’atmosphères hypnotiques (aaaah, la ligne introductive au sitar sur Betrayal - un véritable régal, Keep Your Dream Alive, l’épique morceau-titre Novum Initium). Néanmoins, Roland GRAPOW et ses collègues n’oublient pas que MASTERPLAN reste avant tout un groupe de power metal et nous assène un grand coup avec des titres gigantesques et pêchus comme The Game, Black Night Of Magic ou encore le magnifique Return To Avalon. Pray On My Soul et la pseudo-ballade Through Your Eyes, quant à eux, sont plus conventionnels ; le premier titre reflétant un côté plus moderne et alternatif du groupe, le second ralentissant un tantinet l’album par ses longueurs superflues et sirupeuses. Le troisième et dernier élément qui apporte du sang frais est le vocaliste Rick ALTZI. Son timbre de voix n’a rien à envier à celui de Jorn LANDE. Je dirais même qu’il sait mieux magnifier les compositions de Roland GRAPOW que le norvégien. L’organe de Rick est un délicieux mélange entre celui de Jorn et, dans les tons les plus graves, comme sur Pray On My Soul ou Earth Is Going Down, celui de Ville LAIHIALA de POISONBLACK (certaines intonations y font penser en tous cas) …

Toutes ces nouveautés ont permis à Roland GRAPOW de créer un album plus expérimental, éloigné de ce qu’il a pu faire par le passé. La production met en valeur l’ensemble des chansons de ce nouvel opus et le changement de musiciens a eu un impact fortement positif sur l’état d’esprit du guitariste et leader de la formation, qui a su rebondir et retrouver l’inspiration. Ce Novum Initium est une pure merveille métallique, bien qu’il puisse être considéré comme un album de transition. La prochaine galette devra maintenir ce cap et nous surprendre encore plus si Roland GRAPOW souhaite accéder à un statut plus pérenne et surtout être mieux considéré par ses pairs. Mais, je ne doute pas qu’il y parvienne, vu la meilleure ambiance qui règne au sein du groupe. Affaire à suivre, donc. Novum Initium plaira à coup sûr à une large frange de « métalleux ». A écouter sans modération !!!
Jan
Date de publication : mercredi 26 juin 2013