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02/07/13
Land of new hope
TIMO TOLKKI'S AVALON
 
En ce début d’année 2013, le label italien Frontiers Records a lancé une vaste campagne de promotion en vue de la sortie d’un album énigmatique. Aucun nom n’a été avancé, seul celui du projet, « Avalon », ainsi que l’intitulé du disque, Land Of New Hope, ont été révélés au grand public, laissant à ce dernier tout le loisir d’essayer de deviner qui se cachait derrière cette nouvelle réalisation. Quelques indices ont cependant filtrés dans la vidéo de présentation de ce projet au travers de quelques phrases faussement anodines : « The return of the legendary mastermind » ou « He helped to shape up power metal with his melodic songwriting », autant d’indications permettant les spéculations les plus folles au sein de la communauté metal pendant quelques semaines, jusqu’à la publication inattendue sur le net, par la maison de disque, du premier clip promotionnel pour le single Enshrined In My Memories. Accompagné par une très jolie chanteuse brune aux yeux bleus revêtue d’une longue et sexy robe argentée prénommée Elize RYD, frontwoman du combo suédois AMARANTHE et collaboratrice occasionnelle au chant des américains de KAMELOT (cf. Silverthorn, le dernier opus du groupe dirigé par Thomas YOUNGBLOOD et Casey GRILLO), on peut apercevoir un visage qui nous est familier…puisque cet homme a contribué au succès de STRATOVARIUS, grâce à ses compositions bombastiques et hyper-mélodiques…Oui, il s’agit bien de Timo TOLKKI. L’un des guitaristes les plus controversés de la scène rock et metal européenne…Le simple fait que ce soit lui qui ait réalisé cet album, première brique à l’édifice d’une nouvelle trilogie, m’a mis la puce à l’oreille et j’ai tout de suite crains le pire, vu les catastrophes que nous a « offert » Grand Timo par le passé, notamment avec son ancienne « super-formation » SYMFONIA, dont la première et unique galette était sensée nous présenter le meilleur de ce que le finlandais a pu créer toutes époques confondues…Malheureusement, ce ne fût pas le cas, malgré la présence de quatre autres pointures du metal mondial (Andre MATOS au chant, Jari KAINULAINEN à la basse, Mikko HÄRKIN aux claviers et Uli KUSCH à la batterie). In Paradisum fût même un échec cuisant commercialement et musicalement parlant, bien plus que les trois réalisations sous-estimées de REVOLUTION RENAISSANCE (New Era, Age Of Aquarius et Trinity). Donc, c’est avec un grand nœud à l’estomac que j’ai accueilli ce Land Of New Hope de sa nouvelle communauté (non pas de l’anneau, mais ça aurait pu) TIMO TOLKKI’S AVALON

Alors, qu’en est-il de cette première rondelle de ce nouveau projet, à part la belle brochette d’invités annoncée dans la vidéo introductive ? Tout d’abord, il est vraiment bon d’entendre à nouveau les mélodies typiques du sieur TOLKKI. Ces lignes de guitares-là, on ne les avait pas entendues depuis des années. Plus précisément depuis l’épique Destiny de STRATOVARIUS (ou plus récemment depuis le New Era de REVOLUTION RENAISSANCE). Même si l’originalité n’est pas tellement au rendez-vous, le guitariste scandinave a mis les petits plats dans les grands. Comme je l’ai écris ci-dessus, Timo TOLKKI a réuni des grands noms du metal, et membres de son cercle relationnel proche, pour mettre en valeur ses compositions. A commencer par le merveilleux chanteur Mickael KISKE. Son timbre de voix si particulier permet ici de « magnifier » la seule compo de l’album sur laquelle il participe, l’épique Land Of New Hope qui referme d’une très belle manière ce nouvel opus. Mais, celui-ci commence par un morceau fort et puissant, Avalanche Anthem. Interprété par Russell ALLEN (SYMPHONY X, ALLEN-LANDE), Rob ROCK (IMPELLITTERI) et Elize RYD, il possède en lui toutes les structures rythmiques et musicales reconnaissables utilisées par le finlandais : mélodies efficaces, double-pédale de grosse caisse lancée à vive allure, un refrain direct aux backing vocals en canon…avec une chose en plus : des orchestrations intelligemment parsemées ici et là, apportant une ambiance de films à certains moments. Mais, ce n’est pas le seul morceau à rassembler en lui les éléments qui ont fait la gloire du guitariste scandinave, on peut lui ajouter The Magic Of The Night ou To The Edge Of The Earth, portés par la voix versatile de Rob ROCK. D’autres titres, en mid-tempo cette fois-ci, comme A World Without Us ou In The Name Of The Rose, ralentissent considérablement la cadence. Un point vraiment négatif. Même si la ballade Shine, sur laquelle Elize et Sharon DEN ADEL (WITHIN TEMPTATION) se partagent le micro, apporte un brin de féminité et d’émotions bienvenues, tout comme sur I’ll Sing You Home, où seule la suédoise laisse entendre sa voix aérienne. Problème, le thème musical des couplets de ce titre ressemble à s’y méprendre à celui de Can’t Help Falling In Love du groupe de reggae britannique UB 40. Alors plagiat pur et simple de la part de TOLKKI ? Ou simple coïncidence ? Je préfère, personnellement, ne pas me prononcer…Ce genre de choses peut arriver régulièrement à n’importe quel musicien…Mais, là, c’est un peu trop flagrant et même avec les quelques variations dans la mélodie, on ne peut pas laisser passer ça…Le même constat peut être fait avec le titre El Ultimo Rey, neuvième composition présente sur le nouvel album des espagnols de DARK MOOR (Ars Musica), copier/coller ultime avec la dernière piste de la bande originale du film Le Masque de Zorro…TOLKKI et DARK MOOR manqueraient-ils tellement d’inspiration pour en arriver à cette extrémité-là ?? Bref, revenons-en à ce Land Of New Hope. We Will Find A Way est une chanson qui marque le duo Rob ROCK (encore lui !? Décidément…) / Tony KAKKO. Ce dernier, frontman du quintet lapon SONATA ARCTICA, utilise son organe vocal sur un ton particulièrement grave et « agressif », sortant de son registre habituel.

Malgré une production claire et l’introduction de nouvelles sonorités grâce aux arrangements orchestraux, voire quelques titres qui sortent du lot, la mayonnaise ne prend pas forcément comme on l’aurait souhaité…Timo TOLKKI ne va pas assez loin dans l’expérimentation et se contente de recycler des riffs maintes fois entendus par le passé…J’aurais bien aimé qu’il nous ‘ponde’ quelque chose de plus moderne, avec des synthés soutenant les guitares sur les morceaux les plus rapides ou les plus heavy et qu’il évite de nous coller deux ballades mielleuses…Le concept post-apocalyptique de l’album, soit dit en passant inversé, puisque l’histoire écrite par le guitariste finlandais débute par la fin, est intéressant en lui-même. Mais, il n’arrive pas à sauver cet opus qui manque parfois de peps, même si ce n’est pas la pire rondelle que TOLKKI nous ait offerte depuis son éviction de STRATOVARIUS... L’ensemble est bien meilleur que ce qu’il avait pu faire aux côtés d’Andre MATOS (ex-ANGRA, ex-SHAMAN) et quelques autres sommités de la scène metal, pour sûr. Néanmoins, on peut ressentir soit un manque de confiance dû à une absence quasi-totale d’audace dans le processus d’écriture, soit une certaine forme de facilité qui ressemble plus à une formalité administrative et financière. Ou peut-être est-ce un mélange des deux…Cela dit, même si ce nouvel enregistrement studio n’arrive pas à la cheville du nouvel AVANTASIA, par exemple, il n’est pas catastrophique pour autant. Et je vous assure que l’on se surprend à écouter ce Land Of New Hope de bout en bout. En fin de compte, TIMO TOLKKI’S AVALON est plus une sorte de signe destiné à prouver, même timidement, le retour d’un musicien qui fût naguère l’un des leaders-compositeurs les plus inspirés et adulés du power metal européen et qui, aujourd’hui, essaie de sortir quelque peu péniblement la tête hors de l’eau pour ne pas se noyer complètement dans l’auto-copiage et la platitude de ses pénultièmes projets musicaux... En somme, Land Of New Hope est un disque qui, bien que soutenu par des amis "métalleux" du guitariste et bassiste originaire de Helsinki, dont Jens JOHANSSON (STRATOVARIUS, ex-YNGWIE MALMSTEEN), Mikko HÄRKIN (LUCA TURILLI’S RHAPSODY) et Derek SHERINIAN (ex-DREAM THEATER) aux claviers, Alex HOLZWARTH (RHAPSODY OF FIRE) à la batterie ou encore les vocalistes, cités plus haut dans cette chronique, venus prêter main forte par leur participation, n’arrive jamais à donner les frissons que l’on aurait pu attendre de la part de TOLKKI. Dommage, mais la seconde partie de cette trilogie peut, peut-être, ce que j’espère vivement, changer la donne et permettre à Timo de prouver à tout le monde qu’il n’est musicalement définitivement pas fini. On croise les doigts ! ;)
Jan
Date de publication : mardi 2 juillet 2013