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27/10/13
The white goddess
ATLANTEAN KODEX
 
Il aura fallu attendre trois longues années avant que ATLANTEAN KODEX ne vienne à bout du successeur de son brillant premier opus, The Golden Bough. Une entrée en matière qui n'était certes pas exempte de défauts mais qui s'avérait surtout porteuse d'immenses promesses en matière de Heavy Metal épique. Autant dire que la longueur de l'attente a encore renforcé les critères d'évaluation.

Tuons le suspense : l'attente valait le coup et l'évaluation est encore plus positive pour The White Goddess que pour The Golden Bough. D'emblée, on constate que le groupe fuit comme la peste les clichés de l'imagerie Metal ; après avoir utilisé le tableau L'Île des morts de BÖCKLIN, il a recours à une œuvre du maître du romantisme allemand, Caspar David FRIEDRICH intitulée Le Moine au bord de la mer (1809). Ce tableau illustre bien l'homme se sentant perdu, voire écrasé par les éléments naturels ; il s'en dégage à la fois un sentiment de force et de mélancolie.

Or, le Heavy Metal épique et empreint de Doom de ATLANTEAN KODEX combine à merveille la force et la mélancolie, avec juste ce qu'il faut de passages épiques pour propulser l'auditeur dans une dimension onirique. ATLANTEAN KODEX reprend à son compte l'héritage de la toute première période MANOWAR et de la période viking de BATHORY, tout en mêlant les préceptes du Heavy Metal des années 80 (riffs secs et nerveux, guitares solo éblouissantes de mélodie et complémentarité, chant clair reposant sur de véritables lignes de chant) et du Doom Metal européen.
Un titre puissant, grandiose et rapide comme Sol Invictus semble tout droit sorti du répertoire de VIRGIN STEELE, avec de délectables plans de guitares jumelles.

La qualité de la production n'a d'égale que le soin porté aux arrangements (guitares acoustiques, bruitages, discours, claviers, choeurs) très justement dosés, sans excès ni mauvais goût. La qualité de la prestation du chanteur Markus BECKER est en net progrès, même s'il manque par moments d'un peu de puissance. Cela dit, même la fragilité passagère de son timbre colle parfaitement avec les ambiances souvent mélancoliques de l'album. Le séquençage de l'album qui alterne compositions chantées assez longues et titres instrumentaux plus courts crée enfin une dynamique irrésistible.

Dans le genre, ATLANTEAN KODEX vient de livrer un disque incontournable... ni plus, ni moins.
Alain
Date de publication : dimanche 27 octobre 2013