17 / 20
16/11/13
Hard truckin' rock
LEASH EYE
 
Après un premier album baptisé V.E.N.I. (2009), un second V.I.D.I. (2011), tous les fans de Metal graisseux auraient parier leur salopette que le troisième album des Polonais de LEASH EYE se serait appelé V.I.C.I. Peine perdue. Hard Truckin' Rock dénote un goût pour les clichés mais a au moins le mérite d'annoncer la couleur : la poésie n'a pas droit de cité, les aisselles fleurent bon la journée de travail au soleil, le Rock sera donc forcément épais et rugueux.

LEASH EYE possède au moins quatre sources d'inspiration : le Hard Rock Boogie des années 70 (CACTUS et consorts), le Rock sudiste (option virulente à la BLACKFOOT et POINT BLANK) et le Rock Stoner musclé (à la SUNRIDE), le Grunge dans son versant Metal à la ALICE IN CHAINS ou SOUNDGARDEN. Aucun des éléments présents sur cet album n'apporte quoi que ce soit de nouveau. Mais par contre, quelle maîtrise, quelle puissance, quel enthousiasme, quelle maestria !

Car oui, LEASH EYE fait partie de ces formations qui n'inventent pas la poudre mais qui savent la faire parler. En d'autres termes, les musiciens savent jouer individuellement et collectivement (cette impression de se faire rouler dessus quand les rythmiques se font lourdes!) et surtout ils savent composer de véritables chansons, avec tout ce qu'il faut pour les rendre mémorables et mémorisables.
Et variées par dessus le marché. On passe ainsi avec aisance des Boogie Stoner échevélés (Twice Betrayed, Fight The Monster, S.B.F. Anthem, The Drag, The Song About Drinkin' Smokin' Rollin' Rockin' And Basically Doin' It All Wrong), du Hard carré (Me & Mr Beam, Passing Lane Blues), des monstres Heavy lents et menaçants (On The Run, The Nightmare Ain't Over), des ballades Heavy (Been Too Long, Never Enough).

La cohabitation entre des guitares brûlantes et des claviers vintage contribue à donner une coloration spécifique à cette turbulente mixture, un peu dans le style de ce que fait si bien BLOOD OF THE SUN. Assurément, Hard Truckin' Rock est taillé pour traverser les frimas hivernaux.
Alain
Date de publication : samedi 16 novembre 2013