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28/05/14
Beauty and the beat
TARJA TURUNEN & MIKE TERRANA
 
Quand on s'appelle Tarja TURUNEN, il semble naturel d'apporter de la culture classique à son public plus foncièrement rock. Toujours occupée, la soprano a embarqué avec elle son fidèle batteur Mike TERRANA dans une tournée avec un orchestre symphonique et nous livre aujourd'hui le témoignage de cette expérience.

Beauty And The Beat - je vous laisse le soin d'attribuer chacun des rôles titre aux protagonistes mentionnés - est un double album organisé en deux parties distinctes: le premier CD renferme 13 extraits d'oeuvres classiques, purement musicales ou d'opéra. Le second est composé de chansons plus modernes et populaires.

Laissez-moi être clair et m'exprimer sans détours: si, parmi d'autres, Michael KAMEN a su brillament démontrer que le Rock et le Metal peuvent "facilement" être adaptés avec un orchestre classique (avec notamment METALLICA et QUEENSRYCHE), le contraire est moins, beaucoup moins évident.

Il n'y a ici rien à dire lorsque Tarja chante. Sa voix est cristaline et parfaite sur les oeuvres de BACH, STRAUSS, PUCCINI, sur l'operette de LEHAR ou l'indémodable I Feel Pretty, issu du West Side Story de BERNSTEIN. C'est simple, j'en frémis encore. L'orchestre symphonique est irréprochable et magnifie le chant de la soprano.

En revanche, je ne saisi pas l'utilité d'ajouter une batterie à des morceaux qui sont déjà, par essence et par leur construction originelle, naturellement rythmés, entrainants ou encore claquants (La Symphonie Du Nouveau Monde de DVORAK, le Cancan d'OFFENBACH ou Le Barbier De Seville de ROSSINI, par exemple n'ont aucun besoin d'une batterie rock). Les "tchac" et "boum" me semblent ici d'inutiles fioritures n'apportant rien de plus à ces chefs-d'oeuvre éternels de la Musique et qui les dénaturent quelque peu.

Lorsque Tarja s'attaque à de la musique moderne, on en connait le splendide résultat. S'attaquer à QUEEN ou à LED ZEPPELIN n'est jamais chose évidente et relève même du défi. Dans le premier cas, la version épurée de You Take My Breath Away ne parvient pas à me faire oublier Freddy MERCURY qui, seul avec son piano, met plus de tripes que de technique dans son chant. Les choeurs sont ici, selon moi, de trop. Maintenant, opter pour un medley des seconds, est plus réussi. Elles sont intrigantes, ces versions de Immigrant Song (avec ses sonorités James Bondiennes) ou de Stairway To Heaven, vraiment. Tarja voudrait écrire des musique de films et le pourrait à l'écoute de The Reign (extrait de My Winter Storm, tout comme I walk Alone qui vient clore ce double album) ou Witch Hunt. Comme à son habitude, Tarja propose à son public un titre issu du catalogue de son ancien groupe (Swanheart, extrait de Oceanborn).

A aucun moment Tarja ne peut être prise en défaut tant son chant est limpide et, dans ce genre vocal, proche de la perfection. Elle clame ici son amour pour la musique dans son ensemble, classique et moderne, de manière assez surprenante de prime abord (avec une batterie simplement inutile, encombrante même, et des choix pas toujours faciles) et propose au final un ensemble qui constitue une interessante approche d'univers différents. Mais le résultat saura-t-il séduire les amateurs de classique et ceux de rock? La tâche est moins évidente qu'il n'y parait.

metalmp
Date de publication : mercredi 28 mai 2014