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20/10/15
Nitro jesus
SEAMOUNT
 
SEAMOUNT, ce sont trois Allemands et un chanteur américain, Phil SWANSON (ancien de chez HOUR OF 13), avec dans la besace quatre albums entre 2008 et 2012. En dépit de cette relative productivité, Nitro Jesus est le premier album de ce groupe sur lequel je pose mes oreilles. C'est donc l'esprit vierge de tout a priori que je peux l'évoquer, quoique dans l'impossibilité de vous affirmer s'il témoigne d'une évolution dans la discographie de la formation binationale.

Après plusieurs écoutes, j'avoue ma perplexité. Au début, j'avoue ne pas avoir aimé, voire m'être ennuyé. Histoire de vérifier, je suis retourné écouter Nitro Jesus derechef et, au fil des écoutes, mon opinion s'est positivement nuancée. Tentons de rendre compte de ce bilan relativement trouble.

En premier lieu, d'où vient la sensation initiale un peu lasse au fur et à mesure que les neuf morceaux défilent. Tout d'abord, SEAMOUNT n'a pas opté pour une approche musculeuse, agressive, bourrée de ruptures rythmiques, le tout servie par une production du genre mur du son. Non, en un sens, SEAMOUNT refuse les codes actuels de ma modernité Metal. Ce n'est pas plus mal mais il faut presque un temps d'adaptation pour accepter une posture plus posée, par moments presqu'en retrait.

A l'agression, SEAMOUNT préfère une sorte de lourdeur électrique dont le point névralgique réside dans un combinaison entre, d'une part des riffs immenses, dignes du meilleur IOMMI, d'autre part une section rythmique qui appuie littéralement chacun de ces riffs, leur insufflant une élasticité salvatrice. Ensuite, au niveau des styles abordés, on trouve du Heavy Doom à la BLACK SABBATH, THE OBSESSED ou SPIRIT CARAVAN, du Metal presque Punk, du Hard Rock à la AC/DC. Bref, c'est varié, presque disparate, avec comme liant cet attelage riff-rythmique. Et le chant lancinant, basique, nasillard, pas très puissant ni toujours très flexible, au timbre comme usé, parfois vindicatif, souvent désabusé et laconique.

Austère d'approche, la musique sans prétention de SEAMOUNT nécessite qu'on s'y laisse couler pour en saisir l'efficacité bien réelle. A l'heure où des tonnes de productions Metal imposent sans nuances leurs codes, SEAMOUNT choisit une voie moins évidente, néanmoins plaisante.
Alain
Date de publication : mardi 20 octobre 2015