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22/02/2018
Reach for the dragon's eye
THAL
 
En 2016, quand le premier album de THAL (acronyme de The Heathens Are Loose), Glitter, est paru, il s'agissait d'un projet solo du guitariste et chanteur John WALKER, également connu sous le pseudonyme de Vince Green. Dans la perspective de la création du second opus qui allait devenir Reach For The Dragon's Eye, notre homme s'est adjoint un renfort, parcimonieux en nombre mais précieux quant au rendu musical, en la personne du batteur et guitariste Kevin HARTNELL. Il faut dire que les deux musiciens pratiquaient déjà leur art au sein de WYTCHCORD...

A l'arrivée, nous trouvons huit compositions qui échappent aux étiquettes évoquées dans la biographie, à savoir Stoner Rock, Doom et Heavy Rock. Non pas que ces étiquettes soient foncièrement usurpées mais force est d'admettre que la musique de THAL ne saurait se résumer à une addition, si habile soit-elle, de ces trois sous-genres. Certes, le duo affectionne les rythmiques trapues et épaisses mais ce procédé n'a rien de systématique ni d'excessif. Il apparaît que la structure de base de la plupart des morceaux relève d'une approche Blues Rock classique, avec notamment des parties de guitare solo subtiles, même les guitares rythmiques se trouvant sainement contaminées par ce feeling rampant et universel.

Du point de vue sonore, THAL traite ces plans bluesy de deux manières tout à fait complémentaires. Une première approche consiste à injecter une dose habile de psychédélisme avec à la clé des notes qui flottent, qui s'étirent, dans un esprit assez proche de ce que KYUSS proposa sur les titres les plus atmosphériques de Welcome To Sky Valley.

La seconde couche de traitement pourrait s'avérer fatale à la première, si elle n'était utilisée avec un sens de de l'équilibre louable. En l'occurrence, THAL adopte une approche lourde et menaçante, teintée de Heavy Metal à la mode 70's. A moins qu'il ne faille chercher l'inspiration des certains riffs particulièrement velus du côté de cet immense guitariste qu'est Leslie WEST (MOUNTAIN bien sûr), lequel sut dès le début de la décennie 70 combiner lourdeur, agressivité, feeling et doigté.

Du côté du chant, le registre majoritaire s'avère assez laconique, comme si on entendait une fusion entre Scott WEINRICH (THE OBSESSED, SAINT VITUS) et Pepper KEENAN (CORROSION OF CONFORMITY). Bien que les possibilités soient relativement bornées, les inflexions et les modulations collent parfaitement aux riffs. Mais il faut surtout souligner l'intelligence des arrangements vocaux, avec des voix doublées qui apportent de la diversité et de la profondeur. A fortiori, quand un chant féminin collabore avec les vocaux masculins sur Her Gods Demand War, on atteint des sommets émotionnels.

Au final, Reach For The Dragon's Eye s'impose comme un album remarquablement bien pensé, écrit, arrangé et interprété et, pour ceux qui aiment les étiquettes, susceptible de s'attirer les faveurs des fans de Desert Rock, de Stoner Rock, de Southern Sludge, de Heavy Metal 70's, de Doom traditionnel, de Grunge (tendance ALICE IN CHAINS). Bref, il s'agit d'un accomplissement majeur.

Vidéo de Under Earth : cliquez ici
Alain
Date de publication : jeudi 22 février 2018