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11/08/18
Ask the dust
ANASAZI
 
Depuis un peu moins d’une quinzaine d’années, ANASAZI, groupe formé et emmené par Mathieu MADANI (chant, guitare électrique et acoustique, claviers, auteur-compositeur), donne régulièrement à écouter EPs et albums de très grande qualité. Une constance récurrente qui navigue dans les eaux mouvementées du rock metal progressif, où se mêle habilement une pop sophistiquée, esthétique et elle aussi typée progressive.
Ask The Dust, récent album du groupe dauphinois, ne déroge pas à cette règle d’excellence. Les 11 compositions, superbement autoproduites, évoluent de nouveau dans ce milieu progressif exigeant, ne souffrant guère l’à peu près technique entre autre. L’artwork, une nouvelle fois confié à l’artiste Grégory MIGEON, est magnifique.
Mathieu est ainsi accompagné par Christophe BLANC-TAILLEUR, fidèle compagnon et performant bassiste depuis plusieurs années, ainsi que par 2 nouveaux musiciens : Bruno SAGET aux guitares et Anthony BARRUEL à la batterie.

Si les précédents albums Playing Ordinary People (2011) et 1000 Yard Stare (2014) effleuraient des ambiances un brin mélancoliques, ce nouvel album se drape, se nourrit de cet état vaporeux, trouble et « spleenien ». Les thèmes abordés sont plutôt sombres, voire funèbres et tragiques, comme la dépression (Feeling Nothing), la prostitution des mineurs (Falling), la maladie d’Alzheimer (Into The Flood), l’acte suicidaire suggéré (Once Dead) et le naufrage écologique (Ask The Dust). Il n’empêche, malgré ces atmosphères plus ou moins cafardeuses, l’univers et le ton de l’album ne donnent pas à fuir, ni à absorber une palanquée d’antidépressifs après l’avoir écouter maintes fois… ANASAZI a su garder une part de lumière, à travers des mélodies flamboyantes et princières, une écriture atmosphérique travaillée au corps et une exécution technique irréprochable. Laissant de côté le versant metal de sa musique, le contenu sonore de l’album se resserre autour d’une pop rock progressive harmonique. Qui reste, malgré une certaine complexité, hautement accessible. De postures apaisées et éthérées (The Second Before, le paisible Ask The Dust, avec ses magnifique arrangements…) en mouvements agités, portés par des ondes dynamiques (Miles Away, Falling), l’ensemble, traversé par des passages instrumentaux de toute beauté (quand ce n’est pas le titre en entier avec Once Dead), rappelle à nouveau les influences émérites dont le groupe est imprégné avec justesse et intelligence (PORCUPINE TREE et les œuvres tentaculaires de Steven WILSON, les BEATLES, PINK FLOYD… et auxquelles j’ajoute ici RADIOHEAD). Le résultat est tout simplement majestueux, prenant et attachant, se bonifiant avec la répétition des écoutes. Gage supplémentaire de succulence (s’il en est besoin), les compositions véhiculent les mêmes émotions et rendent à l’identique ce sentiment de perfection sur scène que écoutées attentivement tranquillement installé dans son salon (ou ailleurs… comme il vous plaira !). Très fort ANASAZI. Bravo et une fois de plus merci !

Ask The Dust :
01 : Staring At The Sun – 02 : Miles Away – 03 : Feeling Nothing – 04 : Drift Away – 05 : Falling – 06 : The Second Before – 07 : Still I Can Hide – 08 : And The Grudge (Still Here) – 09 : Into The Flood – 10 : Once Dead – 11 : Ask The Dust (non nommé sur l’artwork)
Ben
Date de publication : samedi 11 août 2018