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Chronique
DER KAISER - Cannonball

Style : Heavy Metal
Support :  CD - Année : 2018
Provenance du disque : Reçu du groupe
11titre(s) - 55minute(s)

Site(s) Internet : 
DER KAISER FACEBOOK

Label(s) :
Brennus Music
 (16/20)

Auteur : Jan
Date de publication : 09/04/19
Un pari risqué qui a payé...
Quelque part à Paris, durant l’été 2018. Les oiseaux chantent gaiement, la vie humaine s’active. Parfois un peu trop, comme aujourd’hui où deux adolescents ayant piqué une bécane roulaient comme des chauffards dans les rues étroites de la capitales française, tentant péniblement d’échapper à un gars baraqué, perfecto sur les épaules, lunettes noires sur le nez, biker depuis cinq minutes, carabine à air comprimé à la main. Les fuyards savaient où se diriger après avoir piraté un distributeur automatique de billets pour s’emparer de la petite fortune d’un quidam probablement sans le sou et dont il ne savait rien, sauf peut-être une série de chiffres correspondant au code PIN de la carte bleue de l’usager bancaire anonyme.

Arrivés devant le bâtiment qu’ils avaient prévu d’investir, ils rangèrent la moto-cross dans le parking souterrain et s’empressèrent de rejoindre l’issue menant aux étages supérieurs de l’immeuble. Déambulant à peine dans la cage d’escaliers, une silhouette se rapprocha de deux jeunes filles en-dehors du building, leur présenta une photo de l’un des trublions et leur demanda si elles le connaissaient. Elles opinèrent et lui indiquèrent, index fermement tendu, qu’il pourrait le trouver dans une salle de jeux bien connue des collégiens et lycéens de Paname nommée La Galeria. Le policier, puisqu’il était vêtu d’un uniforme, les remercia prudemment et pressa le pas vers le centre commercial urbain.

Pendant ce temps, le duo infernal s’amusait follement en manipulant les diverses machines présentes dans ce hall à part, au sein de cet édifice haussmannien. Et que le jeune John Connor s’en donnait à cœur joie avec les différents jeux d’arcade et les simulateurs de vol basiques. Et que sont copain Tim Mulet secouait fortement les baby-foot de l’allée principale. Ils ne firent pas attention aux deux hommes, l’un musclé comme un culturiste autrichien, l’autre svelte comme un athlète américain, qui se disputèrent le premier des deux boutonneux. Jusqu’à ce que ces mercenaires aient bousculé une gameuse qui râla instantanément de mécontentement, ce qui eut pour effet d’alerter John et Tim, qui prirent leurs courtes jambes à leurs cous lorsqu’ils aperçurent le flic et sortirent illico presto de la pièce qu’ils investirent quelques dizaines de minutes auparavant pour passer un peu de bon temps, comme d’habitude le mercredi après-midi.

Rasant les couloirs, renversant qui des plateaux de boissons non-alcoolisées, qui des employés pressés du popotin, ils speedèrent autant qu’ils le pouvaient pour ne pas se faire attraper par cet agent des forces de l’ordre bien décidé à les coffrer. Du moins, ce fût ce qu’ils pensaient. Mais, la réalité fût tout autre dans la tête du shérif frenchie. Dans celle du fan de Harley-Davidson pareillement. Qui se crêpèrent le chignon dans les couloirs, défonçant, au choix, des vitrines ou des murs, devant les yeux ébahis des clients effarés d’un tel accès de violence dans un lieu aussi mercantile.

Une fois dans le sous-sol, Tim et John démarrèrent leur destrier mécanique, non sans un toussotement encrassé de l’engin qui sursauta lorsqu’ils lui tombèrent dessus en tentant fébrilement de le démarrer. A quelques mètres d’eux, la porte du garage troglodyte s’ouvrit abruptement sur le « poulet » de service qui ne gloussa point. Au lieu de cela, il se mit à piquer un sprint digne d’Emil Zatopek, Carl Lewis et Hussain Bolt réunis. Il fût presque arrivé à hauteur des motards en couche-culotte lorsque sa course s’interrompit brusquement, le carabinier gaulois s’étant pris un poteau en béton en pleine poire qu’il ne vit qu’une fois à une dizaine de centimètres de lui quand John et Tim tournèrent soudainement sur la gauche pour rejoindre le plancher des vaches dans l’une des plus grandes artères parisiennes.

Le Musclor rockeur surgit à son tour de la cage d’escaliers et se tortilla comme un ver dans un énorme fou rire lorsqu’il aperçut son adversaire pisser le métal liquide sur le bitume et continua tranquillement sa route vers son véhicule à deux-roues, que n’aurait pas renié un Johnny HALLYDAY sous whisky bien tassé, dans le but de rattraper l’objet humain de sa mission avant l’autre péquenaud de condé.

Comble d’Höllerer, sans Rex à ses basques, celui-ci se releva, attendit patiemment quelques instants que ses gouttelettes d’acier aqueux reviennent à lui et recommença à traquer les boutonneux de service. Qu’il retrouva fortuitement sur les boulevards, stoppant leur Yamaha et se retournant régulièrement pour voir si on les poursuivait. C’est alors que le gardien de la paix vola le camion d’un livreur de légumes frais, qui fût en train de faire signer des papelards au patron du bistrot de l’angle de l’artère principale et fonça tout droitement avec le poids lourd sur les automobilistes, dont les tacots valdinguaient sur les trottoirs et se précipita sur ses cibles potentiellement capturables. Celles-ci, se sachant à nouveau poursuivies, se jetèrent du haut de la route sur la zone piétonne en contrebas, longeant la Seine à toute berzingue, leurs vies respectives dépendant de leur aptitude à échapper au prédateur poulaga qui était encore à leurs trousses. D’ailleurs, l’argousin gallinacé fit de même, quitte à détruire son pare-choc et la cabine de son Renault Magnum, tout en ayant conscience de prendre le risque d’écrabouiller quelques individus au passage, qu’il ferait passer pour des dommages collatéraux auprès de ses supérieurs, cogita-t-il.

Cependant, le karma revenant souvent tout feux tout flammes dans la tronche des gens, l’inspecteur se vit voler la vedette par le non-tattooed rider qui fit une cascade de tous les diables depuis l’avenue pour lui barrer la route et lui couper la chique à l’aide de son fusil à canon scié, dont la salve unique explosa la face au parasite et transforma ce mec en fleur, n’omettant pas son uniforme qui était bon pour le teinturier. Puis, poursuivit son chemin comme si de rien n’était pour s’occuper du cas du petit John. Qu’il arriva à trapper, laissant son pote sur le bord du périph. Tout en essayant de tenir son guidon pour ne pas se viander sur le macadam, la brute épaisse au look de métalleux tenta diplomatiquement de convaincre son protégé qu’il n’était plus en danger avec elle, qu’elle était là pour lui fournir une protection providentiellement présidentielle et que s’il voulait vivre, il devait l’accompagner dans un lieu perdu au milieu de la cambrouse normande où il pourrait s’éclater comme un fou furieux, sans l’alourdir de détails pesamment plaisants.

C’est ainsi qu’ils firent route, tous les deux, pour le château de Branville, dans lequel le terminateur prit ses quartiers de juilletiste endurci. Après plusieurs arrêts-pipi sur les aires d’autoroutes et un repas copieux dans un troquet à mi-chemin entre l’Île-de-France et le Calvados, la paire arriva finalement un peu avant minuit dans ce manoir pas hanté pour un cachou. Une nuit passa, le salvateur ronflant comme une locomotive diesel au démarrage, ce qui réveilla le jeune homme, qui descendit les escaliers pour se rendre directement dans la cuisine, histoire de casser la croûte encore une fois. Puis, entreprit de se faire visiter lui-même les lieux. Ce qu’il découvrit dans la cave, transformée en loft moderne et spacieux, le laissant pantois.

Telle une révélation divine se dressait là, devant lui, le plus ultime de tous les ultimes flippers de la planète. Le fameux Cannonball. Une merveille parmi les merveilles de l’univers. Le saint Graal pour les adeptes de la manette. Ce pinball rarissime était le plus beau qu’il n’ait jamais vu. Ses yeux, brillants comme des saphirs sous la lampe d’un diamantaire suisse, fixèrent prudemment l’objet de peur qu’il ne s’effrite, mais ses mains, fâcheusement curieuses, tentèrent le tout pour le tout et tâtèrent ce présent céleste d’abord du bout des doigts puis à pleines paumes pour réaliser qu’il était bel et bien réel et non une simple représentation de son esprit, sommes toutes, assez fertile.

Une fois débarqué de son nuage, il ne se fît pas prier et, ni une ni deux, il se jeta sur cette divinité électronique. Avait-il assez de monnaie dans sa sale petite poche pour débuter au moins une partie ? « Ah, mais oui », fit-il, « j’ai suffisamment de pognon avec le larcin que j’ai commis hier pour me faire, a minima, un millier de parties, hihi ! ». Et glissa une pièce dans la fente du caisson. Et, finalement, activa le lance-bille. La boule surgit du coffret et alla frapper le haut du plateau. Le temps que la sphère se cogne contre le bumper du fond, John observa le fronton de l’appareil et vit cet aigle majestueux survoler un champ de bataille, évitant de justesse un boulet de canon, puis ces couleurs simultanément chaudes et dramatiques, décorum qui ceinturait théâtralement le compteur de points. Peut-être fût-il au courant que l’artiste derrière cette sobre mais touchante illustration se prénommait Doan Kim QUAN ?

Peu importe pour lui, il avait une partie en cours et ne pouvait ni ne voulait s’autoriser une nouvelle défaite après sa tentative avortée de remporter le grand chelem informatique sur le simulateur aéronautique de la veille à la Galeria. Et, subrepticement, la boule argentée toucha le champignon et, après une courte introduction à la sauce écossaise (Intro) d’un peu plus d’une minute, qui peut faire penser à l'annonce d'une bataille à venir sur les vertes prairies des Highlands à la manière d'un Highland Farewell de GRAVE digger, une première chanson (San Monster) se mit en marche en arrière plan. Démarrant sur un plan syncopé mêlant savoureusement guitares, basse et batterie sur un riff très proche de celui de Back In The Village de MAIDEN, un à deux tons au-dessus de l'original, il fit littéralement sursauter le petit père qui se tranquillisa finalement lorsque la ligne de chant survint, menée par le talentueux Pierre PLACINES, dont l'organe vocal se fit le mariage entre un Christian ZOUILLE plus heavy et un Renaud HANTSON plus fleur bleue, le tout sur une compo qui sent bon la confusion entre le hard frenchie des années 80 et la NWOBHM, grâce notamment, à ses mélodies gauloises, ses harmonies britanniques, cette pointe de MCBRAINisme et ces soli germaniques à la Wolf HOFFMANN, qui parvint à toucher le jeunot et le ramener quelques années en arrière à une époque non connue de lui sauf, peut-être, au travers de long métrages cinématographiques des eighties. La bille frappa plusieurs fois contre les agarics ferriques, emprunta quelques spinners, retomba sur des kickers et slingshots puis rejoignit les raquettes sises en contrebas du plateau. John, relança la boule vers le fronton et une série de morceaux bien couillus s'égosillèrent à travers les reproducteurs latéraux du billard électrique (After Life et sa double magique, sa basse cavalière et ses variations de tessiture de la part du frontman, très proches de celles de Jouni NIKULA de REQUIEM, Slate et ses canons de départ, ses tiroirs qui accélèrent ou ralentissent la cadence à l'envi, le mid-tempo Ivory Tower, Pt 1 appuyé par les hurlements du chanteur qui rappellent fortement ceux de Jo AMORE de KINGCROWN dans son ancien combo NIGHTMARE ou ceux de Ronnie James DIO tout comme par les passages plus lyriques que l’on peut comparer à ceux des formations les plus en vogue du heavy metal épique anglophones, notamment GRIM REAPER et son courageux commercial Steve GRIMMETT, ou plus subtilement aux envolées de Freddie MERCURY dans Bohemian Rhapsody).

Tandis que les chiffres du compteurs défilaient à toute vitesse, alignant un score plutôt impressionnant pour un débutant sur ce type d’engin. John s’amusa réellement comme s’il s’en fût revenu à l’époque où sa mère, une dénommée Sarah, le mettait dans son parc domestique surplombé de quelques mobiles et doté de plusieurs jouets musicaux ou non, afin de s’en débarrasser lorsqu’elle accompagnait sa copine Ginger dans les boîtes les plus branchées de la « Ville Lumière ». Et qu’un trou (gobeur) de balle fût évité. Et que des targets furent défoncés. Et que des rampes furent franchies. Et que des stoppers surgirent des tranchées inopinées. Rapidement, the number of the beast puissance trois fût atteint, à la grande joie de l’acnéique anarchiste. Enchaînant les décimales et les nombres entiers, pendant que d’autres tubes potentiels retentirent dans la pièce emménagée. Du très rock FM Gun Under Pillow au massif Cannonballs, en passant par l’épique Odyssey Of The Damned flirtant avec le génie de Steve « Pain De Mie » HARRIS, contenant également quelques plans à la Adrian SMITH et Dave MURRAY, dévoilant de discrets sustains en milieu de morceau, toujours cernés d’harmonies ou de bends bien placés, ainsi qu’un groove de dernier tiers clopin-clopant à la QUEENSRYCHE ainsi que plusieurs soli démentiels.

Souriant sur cette orgie de bips, d’éclats lumineux et de chansons relativement très costaudes, John persista dans sa partie infernale, hypnotisé par l’ivresse du jeu et des sérénades gonflées au Vahiné. Il ne fît pas attention au badaud qui l’observa dans son dos. Les mains du jeune garçon ne pouvaient plus se décoller des boutons sur les côtés et son regard se fixa sempiternellement sur l’écran qui lui faisait face ainsi que sur le plateau en-deçà. Il ne perçût pas Arnie enfiler son tablier de cuisine, ni même le chant du coucou helvète qui sortit de sa cabane pour annoncer l’heure extrêmement tardive depuis le mur du fond, espérant ainsi réveiller le minikeum de sa torpeur ludique, mais sans succès.

Le garnement reprit brièvement conscience et sa cervelle, déjà bien échauffée par un abus de jeu, s’éclaira telle une ampoule à filament ayant suivi des cours chez Archimède. Il comprit que le groupe, dont il chercha le nom tout en ce concentrant complètement sur ses gestes fugaces pour éviter que la boule ne se la rejoue Prison Break en se frayant un chemin entre les deux manettes, fût celui que sa daronne écouta régulièrement dans sa Jeep lorsqu’elle, quand il ne fût pas plus grand qu’un haricot magique bien planqué en elle, s’évanouissait partout et nulle part pour semer d’éventuels assaillants robotiques venus du futur. Et que ce qu’il était en train de faire là allait, sans doute, lui porter préjudice étant donné qu’il n’y avait de destin que ce qu’il faisait. C’est ainsi qu’il vit devant ses mirettes apparaître en grands caractères le nom de la troupe de troubadours, dont le dernier album tournait en boucle dans le flipper. C’était DER KAISER. Toutefois, il fût un tantinet perplexe puisqu’il ne se souvint pas que les « parigos » chantaient dans la langue de Bruce DICKINSON. Cela lui fît un choc et ce fût un grand changement pour lui, auquel il ne s’habitua que lentement avant d’accepter totalement cette modification surprenante, tactique stratégique du quatuor pour se démarquer de ses collègues de MANIGANCE, SORTILEGE et consorts et gagner le cœur d’autres pays européens. John se dit que ce n’était pas con, mais regretta la douceur du français sur les excellents Vautours (1984) et La Griffe De L’Empire (1985). Pour lui, ce n’était plus pareil. Ce fût comme si un pan de son passé s’en était allé vers d’autres horizons plus exotiques. Il versa quelques larmes, puis se ressaisit quand Mr. Shadowman pointa le bout de son museau hard blues aux accents art rock à la David BOWIE saupoudré d’une pointe de SCORPIONS ainsi que d’un soupçon de VULCAIN à partir des 2 minutes 56 et une structure inspirée par celle du Le Fils De Lucifer, avant de tourner à la mayonnaise teutonne et ses mélodies typiques à la guitare. Cet interlude-fraîcheur après un sautillant Vengeance, Part 2, toujours so british avec ses six-cordes en harmonies et sa section rythmique calquée sur les premières offrandes de la Vierge de Fer. Pas le meilleur titre, cependant fort agréable à écouter. Tout comme Diary Of A Coward, son intro à la War Machine d’AC/DC presque intégralement similaire du côté du jeu de batterie de Philippe STOURME avec un tempo à la grosse caisse soutenant un Bruno HENNEQUIN fan des australiens, avant de tomber dans un heavy de bonne facture avec une duplication de Pierre PLACINES, placé à différentes tonalités, exercice de style plébiscité habituellement par Glenn HUGHES et Klaus MEINE, toujours dans une optique à l’allemande mêlée d’anglicisme insolite, si l’on considère la technique de Thierry ANDRE. S’amuserait-il à titiller ses cordes à trois doigts, tel son acolyte Steve HARRIS ?

Telle fût la question que se posa « antépénultièmement » l’addict gamer, avant que la machine devant lui ne tilte et ne se bloque à son grand désespoir, ayant eu envie de s’approprier une heure de plus, au minimum, cet engin fabuleux, de continuer dans l’écoute du séduisant Canonball et d’analyser les textes d’une incroyable profondeur, leurs thématiques quasiment militantes, puisque les frenchies se sont attaqués à des multinationales polluantes, l’institution ecclésiastique, la cupidité croissante de l’être humain, la mégalomanie « trumpienne », l’impérialisme américain, aux états d’âme d’un marin, à la folie meurtrière, à la dépression, à la violence conjugale et à la guerre, tout cela sur une seule et même galette. L’ambiance générale parût assez gaie à John, pour qui, les morceaux parurent légers au début. Toutefois, il se dit qu’il était stupide de juger un livre à sa couverture, tout comme il était inconcevable pour lui de croire qu’un tel album fût obligatoirement festif conceptuellement parlant. Et il se rendit compte du génie littéraire du vocaliste originel et la capacité du groupe à permettre une issue positive à la gravité de la vie.

Voyant que l’appareil n’était plus disposé à se remettre au travail, because of the RTT, l’adolescent se mit en marche et tournât tout autour, tentant de trouver plus d’informations quant à la provenance de l’appareil ou sur l’enregistrement musical en lui-même. Il vit que rien ne se situa sur les côtés, ni sur les faces avant et arrière. Puis, se mit à genoux et aperçût une étiquette sur le dessous du caisson. Aucune ligne sur le pays d’origine ou le fabricant du flipper. Par contre, John lut que DER KAISER produisit la galette interne, que Gérard KOUCHTCHOUIAN et DITO se furent respectivement occupés du mixage et du mastering, que Bernard CADE et un certain NICO avaient été les preneurs de son des instrumentistes, que Sylvain COLLET et Jennifer VINCENT immortalisèrent les musiciens pour la notice explicative de Cannonball, que Pascal AUBERT fût un soutien de taille pour les mélodies et que deux guests firent une furtive apparition sur quatre tracks, à savoir la cornemusiste Joanne MCIVER sur l’intro et le titre éponyme, ainsi que le guitariste BENO sur The Odyssey Of The Damned Souls et Vengeance, Part 2. A noter que DER KAISER mit en boîte son troisième opus dans les studios DGD Music et ici-même au château de Branville. Ce qui fît sursauter John et le mît quelque peu mal à l’aise, sachant qu’il était actuellement sur les lieux où un groupe culte posa ses valises et passa quelques semaines à faire en sorte que tout colle parfaitement sur le CD.

Restant songeur plusieurs instants à cette idée, il ne vit toujours pas le T-101 de service débouler dans la pièce auprès de lui. Ce ne fût qu’au bout d’une dizaine de minutes qu’il émergea et se rendit compte de la présence de son cyborg domestique, toujours vêtu de son tablier rose fuchsia, qui l’invita à dîner dans la cuisine. Sur la table, un véritable festin l’attendait. Ici, un hamburger et poutine végans. Là, un saladier rempli de gnocchis poêlés dans le voisinage d’un ragoût hongrois végétalien au seitan. A l’autre bout, une assiette de fauxmages, sis à la droite d’une salade tchécoslovaque aux pommes de terre ainsi qu’une escalope panée de haricots rouges et lentilles vertes. A la gauche du mineur rebelle, un succulent opéra au trois chocolats cruelty-free, ainsi qu’un énorme pot de glace au lait de soja Ben & Jerry, parfum beurre de cacahouètes et pépites crunchies. De quoi faire une ripaille de tous les diables et se péter la panse, tout en repensant forcément à Cannonball et sa grande qualité générale, malgré une production un peu faiblarde et pas toujours très clean. Dans l’ensemble, DER KAISER a fait preuve, pour John, d’inspiration et ce troisième boulet de canon est un retour en force après 24 ans d’absence sur la scène metal hexagonale, même si la formation francilienne pourrait sembler avoir paumé son âme en route car, même si l’interprétation en anglais de Pierre PLACINES est correcte, il manque ce brin de gauloiserie qui faisait le charme du répertoire des ménestrels de Paris et qui faisait aussi son originalité parmi les SORTILEGE, BLASPHEME ou WARNING. Et, c’est peut-être là que se trouve le gros défaut de Cannonball : son universalisation. Contrairement à DER KAISER, des combos comme VULCAIN, ADX ou VENIN ont conservé cette particularité des textes en français, même après des années de silence-radio. C’est ce qui leur a permis de garder leur fanbase et de jouir d’une certaine visibilité à l’étranger, n’étant pas noyés dans une masse grandissante d’orchestres shakespeariens qui donnent au metal contemporaine une coloration trop mainstream en comparaison avec les MANIGANCE, les TRUST et les KILLERS qui enjolivent cet art élitiste tout en le parant d’une once d’unicité, plus justement de rareté délicieuse. De fait, Cannonball est un ouvrage risqué qui ne plaira pas aisément aux supporters die-hards qui se complaisent dans la chauvinerie, mais qui pourrait, possiblement, attirer de nouveaux soutiens habitués à la banalisation de l’anglo-saxon dans le heavy metal sur le Vieux Continent. Il ne restait plus à John qu’à surveiller la résurrection de ce dinosaure de la musique amplifiée du pays des Lumières et de le booster en se rendant à des concerts du groupe proches de chez lui, on ne sait où.

Et, sans s’y attendre, la sonnette retentit. Le biker baraqué, tranquillement se releva, prit son fusil écourté, ordonna au pubère d’aller se planquer dans le local au Canonball, de s’y retrancher en fermant la porte en acier renforcé, et de ne bouger sous aucun prétexte. Puis, le Schwarzenegger se dirigea sereinement vers l’entrée, se cacha derrière un meuble et d’une voix fluette de vieille femme invita l’inconnu à rentrer. C’était le flic de la veille, à la démarche volontaire de tueur à gage missionné. Et coup de feu survint, puis un deuxième et un troisième. Le condé eut un gros trou en plein milieu du torse, qu’il regarda avec stupeur, releva la tête l’air horrifié, puis éclata d’une traite, éparpillant son véhicule non-organique dans toute la pièce. Le motard cuisinier se dépêcha de rejoindre le kid, lui donna la main, que ce dernier tint avec plaisir, et ils filèrent tous les deux, le mastoc ayant dans l’autre main deux pains de semtex qui, au contact du mur principal du manoir, recouvert de nitroglycérine et d’une autre substance utilisée en aciérie, explosèrent violemment, libérant une telle chaleur qu’il fût impossible pour le shérif robotique de s’en sortir « vivant ». Mais, John regretta vivement de ne pas avoir pu emporter avec lui le Cannonball. Arnie le remarqua et le rassura en lui révélant l’existence de deux autres flippers du même modèle, cachés quelque part au fin fond des Causses lozériens, ce qui lui redonna le sourire et lui permit de rêver à de nouvelles aventures dans le pays, non pas de Candy, mais de DER KAISER dans un proche avenir.


Line-up :

Pierre PLACINES (chant, chœurs)
Bruno « P’tit Tchong » HENNEQUIN (guitares)
Thierry ANDRE (basse)
Philippe STOURME (batterie)


Equipe technique :

DER KAISER (production)
Gérard « Goldfinger » KOUCHTCHOUIAN (mixage)
DITO (mastering)
Bernard CADE (enregistrement guitares)
NICO (enregistrement voix, basse, batterie)
Doan Kim QUAN (artwork)
Sylvain COLLET (photographie)
Jennifer VINCENT (photographie)
Pascal AUBERT (soutien mélodique)


Guests :

Joanne MCIVER (cornemuse sur Intro et Cannonball)
BENO (guitares sur The Odyssey Of Damned Souls et Vengeance Part II)


Studios :

Enregistrement au sein des studios DGD Music
Mixage au sein des studios Château de Branville


Crédits :

DER KAISER (musique)
Pierre PLACINES (paroles)
Gérard « Goldfinger » KOUCHTCHOUIAN (intro)
Joanne MCIVER (intro et outro)
David MICHRIKI (outro)


Tracklist :

1) Intro
2) San Monster
3) After Life
4) Slate
5) Ivory Tower Part I
6) Gun Under Pillow
7) The Odyssey Of Damned Souls
8) Vengeance Part II
9) Mister Shadowman
10) Diary Of A Coward
11) Cannonballs

Durée totale : 55 minutes environs.


Discographie non-exhaustive :

Vautours (1985)
La Griffe De L’Empire (1985)
Cannonball (2018)


Date de sortie :

Vendredi 28 septembre 2018


San Monster (Audio) : cliquez ici
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Alain Le mardi 9 avril 2019
Avec cet album, il va falloir que je change de repères concernant DER KAISER, à savoir les 2 premiers 33 tours (qui commencent à être passablement fatigués !). Merci Jan !
Commentaire de Jan : De rien, Alain. :) J'espère que l'album t'a plu. ^^ Et la chronique aussi... ;)
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