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28/04/19
The empyrean heaven
CYGNUS ATRATUS
 
En 2017, nous avions loué les qualités de The First Hour, premier EP quatre titres de la formation belge CYGNUS (cliquez ici). Désormais baptisé CYGNUS ATRATUS, le groupe se frotte à l'exercice autrement plus conséquent du premier album, toujours selon les modalités de l'auto-production. Avant toute chose, il n'est pas inutile de saluer le professionnalisme du groupe qui propose un artwork soigné (en format digipack) et un son globalement satisfaisant (tout juste peut-on ergoter sur une batterie un peu sèche et des riffs en brin trop mixés en arrière-plan).

Comme sur The First Hour, on retrouve cette capacité à faire cohabiter des genres différents : Hard Rock mélodique, Metal progressif, Heavy Metal classique à la IRON MAIDEN, Power Metal... C'est à une véritable sarabande d'influences que nous assistons, avec des compositions diversifiées pouvant varier d'une approche nerveuse et cinglante au romantisme assumé. L'unité d'ensemble se trouve assurée par les capacités des interprètes. A la fois puissante et technique, la section rythmique formée du bassiste Benny VERCAMMEN et du batteur Kjell DE RAES assure une animation dynamique et proportionnée aux ambiances mises en place. Outre des riffs acérés, le guitariste Eric CALLAERTS ne rechigne jamais devant un arrangement mélodique et délivre des solos dont on sent qu'ils pourraient se résumer à des exercices de shred si leur auteur ne possédait un sens avéré de la mélodie et la progression narrative (trop souvent sacrifiée) : chaque solo possède une dramaturgie qui lui est propre et semble raconter une histoire. Un travail d'orfèvre...
Pour compléter le versant instrumental, de nombreux arrangements de claviers (aux sonorités très années 80 et 90) viennent rehausser l'ensemble.

Impossible de passer sous silence la prestation impressionnante de la chanteuse invitée Marieke BRESSELEERS (qui officie à l'accoutumée dans un contexte bien différent au sein de LORDS OF ACID) dont le timbre profond et superbement maîtrisé dans ses variations transporte le répertoire de l'album dans une dimension qualitative plus que solide. On est ici bien loin des acrobaties pseudo lyriques et des mièvreries dans lesquelles trop de formations de Metal à chanteuses se complaisent ! A noter que sa remplaçante Iris L'OR aura la lourde tache de reproduire ces performances de haute volée, tant techniquement qu'émotionnellement.

Avec une telle carte de visite, on ne comprendrait pas que CYGNUS ATRATUS ne trouve pas une maison de disques qui lui offrirait les moyens de franchir un palier supplémentaire.

Vidéo de Quanying : cliquez ici
Alain
Date de publication : dimanche 28 avril 2019