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29/04/19
The cross
Freddy DELIRIO AND THE PHANTOMS
 
Une fois n'est pas coutume, débutons cette chronique par une devinette. Si je vous dis que le groupe dont il est ici question comporte des membres masqués, que l'imagerie et les textes s'affirment comme gothiques à souhait, que le Metal pratiqué se veut foncièrement mélodique, à grand renfort de claviers et de chant clair soutenu par des choeurs. Je vous vois déjà lever vos petits doigts et vous bousculer pour répondre GHOST !!! Que nenni, jeunes gens : The Cross est bel et bien l'oeuvre de la formation italienne kitschissimement baptisée FREDDY DELIRIO AND THE PHANTOMS (à ne pas confondre avec le groupe danois Freddy & THE PHANTOMS). Derrière le nom de scène de Freddy DELIRIO, nous trouvons le claviériste de la mythique formation transalpine DEATH SS qui se paie un quart d'heure de liberté avec son propre projet.

Si l'on met de côté le visuel et les inévitables comparaisons avec GHOST et que l'on tente d'analyser et de jauger la qualité intrinsèque de cet album, il faut bien avouer que Freddy a globalement réussi son coup. Majoritairement composé de titres concis, cet album se déguste avec délice. La trame de base des morceaux demeure celle d'un Heavy Metal tour à tour nerveux et enlevé ou plus lent et menaçant, toujours structuré de manière classique et efficace : introduction, couplet, refrain et on enquille riffs et mélodies efficaces. Car l'efficacité s'impose bel et bien comme l'axiome majeur de The Cross : riffs concis, claviers rutilants (aux sonorités souvent rétro 80's), lignes de chant limpides, solos de guitare acérés... C'est ostensiblement accrocheur sans pour autant se compromettre dans le racoleur.

Et puis, outre l'efficacité des compositions, de la production, des arrangements, il faut reconnaître que Freddy et ses acolytes apportent un supplément d'âme (comprendre dramaturgie, lourdeur un tantinet malsaine et) dans les moments les plus mesurées et pesants, comme l'instrumental implacable Afterlife, l'obsédant mid-tempo The Circles, l'orchestral et impressionnant The New Order ou le monumental The Ancient Monastery en clôture d'album, soit plus de sept minutes de reptations rythmiques, lentes et menaçantes, à mi-chemin entre GHOST, ALICE COOPER (pour bien comprendre, réécoutez l'album Love You To Death, en particulier les titres Black Juju, Hallowed Be My Name et Ballad Of Dwight Fry) et et le Doom dans son acception la plus abordable.

Histoire de faire un sort à l'influence GHOST, sans toutefois l'exclure tout à fait, on peut aisément affirmer que Freddy a malicieusement puisé dans un puits identique, visant une efficacité combinant puissance et mélodie. Quant au procès en opportunisme, il n'y a qu'à écouter ce que produit DEATH SS depuis les années 90 pour comprendre que Freddy se frotte depuis fort longtemps à cette équation périlleuse qui consiste à concilier impératifs de puissance et de mélodies.

Vidéos de The New Order cliquez ici et de In The Fog cliquez ici
Alain
Date de publication : lundi 29 avril 2019