18 / 20
18/09/19
The ruins of fading light
CRYPT SERMON
 
Il y a quatre ans déjà, le combo de Philadelphie CRYPT SERMON surprenait le petit monde des adeptes du Doom Metal épique avec Out Of The Garden, un premier album remarquable. Ce second album se doit donc de confirmer ces débuts fracassant, dans un sous-genre particulièrement exigeant. Tuons le suspense en affirmant que CRYPT SERMON réitère sa performance initiale, tout en se gardant de proposer une copie conforme de son premier opus. Voyons en quoi...

On relève en premier lieu une plus grande variété dans les tempos, avec à la clé, non seulement des passages aux tempos plus enlevés que de coutume dans le Doom, mais surtout un rendu global plus puissant et dynamique. Rapide, carré et percutant, le titre introductif, The Ninth Templar (Black Candle Flame), illustre parfaitement cette posture musculeuse.

Cette caractéristique nouvelle s'avère on ne peut plus essentielle dans le cadre de la seconde tendance constatée, à savoir la présence de compositions objectivement plus longues que celles de Out Of The Garden. Pas moins de deux titres dépassent les sept minutes (Beneath The Torchfire Glare et Our Reverend's Grave), un autre frôle les neuf minutes (le titre éponyme), tandis que The Snake Handler culmine à plus de neuf minutes.

S'agissant de n'importe genre musical et a fortiori de Doom (genre par essence lourd et lent), de telles durées exposent redoutablement à la lassitude. Dans le cas présent, CRYPT SERMON tient la distance en variant les ambiances et les tempos.

Les guitares demeurent capables de se faire tendues et pesantes d'une part, pourvoyeuses de plans mélodiques simples mais terriblement accrocheurs. En la matière, le maître-étalon auquel on peut jauger CRYPT SERMON demeure CANDLEMASS, excusez du peu, et l'élève ne démérite absolument pas. De même, le chanteur Brooks WILSON module systématiquement ses lignes vocales, avec justesse et expressivité ; on relève cependant qu'il a parfois tendance à crisper sa voix pour obtenir un rendu plus agressif, ce qui n'est pas forcément ce qu'il réussit le mieux.
Autre point d'amélioration, le mixage qui pourrait gérer avec plus de netteté les moments les plus intenses, notamment les plus rapides.

Ces réserves minimes formulées, on ne peut que décréter The Ruins Of Fading Light achat indispensable pour les zélateurs de Doom épique en particulier et même de Doom en général.
Alain
Date de publication : mercredi 18 septembre 2019