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Chronique
ACCEPT - Too mean to die

Style : Heavy Metal
Support :  CD - Année : 2021
Provenance du disque : Acheté
11titre(s) - 53minute(s)

Site(s) Internet : 
ACCEPT WEBSITE
ACCEPT MYSPACE 

Label(s) :
Nuclear Blast
 (16/20)

Auteur : 神の知恵
Date de publication : 21/04/2021
Un album avec beaucoup de mordant...
A nouveau millésime, nouvel album. ACCEPT nous l’avait déjà promis depuis deux ou trois printemps, maintenant, et finalement après une année 2020 chaotique pour les raisons que vous connaissez touTEs, il est enfin là. Cela est autant plus excitant que la description dont en avait régulièrement faite le guitariste originel, désormais seul membre fondateur à toujours évoluer au sein de la structure, Wolf HOFFMANN, donnait fortement l’eau à la bouche. Et pour cause, entre les « les chansons sont vraiment heavy » et « la ligne directrice sera plutôt homogène avec quelques différences », les metalheads se réjouissaient déjà à l’avance en se demandant quels seraient ces nouveaux éléments apportés par le sextet teuton. Sans compter les influences des tout nouveaux membres du groupe, le guitariste Philip SHOUSE et le bassiste Martin MOTNIK, ce dernier remplaçant au pied levé l’historique Peter BALTES, parti rejoindre son ex-acolyte de la formation le vocaliste Udo DIRKSCHNEIDER pour au moins un single, l’excellent Where The Angels Fly sorti en 2020. Ces modifications de line-up n’ayant pas forcément eu un impact trop important sur le résultat final, le trio Wolf HOFFMANN, Mark TORNILLO et Uwe LULIS conservant sur ce Too Mean To Die une ligne directrice similaire à celle qui avait fait le succès de The Rise Of Chaos en 2015. Soit une rondelle plutôt classique dans l’ensemble avec quelques variations bienvenues qui permettent au combo de se renouveler un tant soit peu.

Alors, quoi de neuf sous le soleil de Germanie ? Toujours les mêmes recettes, au final, même si quelques déviations sont prévues sur l’itinéraire principal.

Comme à son habitude et comme je l’ai écrit plus haut, le combo sillonne les sentiers maintes fois battus du heavy metal traditionnel comme un panzer qui fonce droit dans le tas sur un champ de bataille. Avec des rythmiques et des riffs, soit dit en passant, relativement plus thrashy (Zombie Apocalypse), le sextet donne le ton : aucun quartier ne sera fait. Il n’hésite, donc, pas à tout déboîter sur son passage. Quitte à casser ses propres codes. Comme en témoignent des titres plutôt sympathiques comme Overnight Sensation, que certains qualifient à tort d’ac/dcien, sûrement à cause de sa structure plus « rock’n’roll » voire du refrain « typique » à plusieurs voix, du tristounet The Undertaker, chanson hard rock pur jus, ou bien du Symphony Of Pain, sur lequel Wolf reprend un extrait de la 5ème symphonie du grand Ludwig VAN BEETHOVEN. How Do We Sleep, quant à lui, démarre sur une batterie guerrière qui n’aurait pas dépareillée sur un album de NIGHTWISH, à la manière de la reprise Over The Hills de Gary Moore, enregistrée en 2001 par les finlandais sur l’EP éponyme, le frappeur de fûts Christopher WILLIAMS s’en donnant littéralement à cœur joie à la manière d’un Jukka NEVALAINEN sur cette chanson assez surprenante dans l’ensemble avec ses fugaces ritournelles celtiques, rappelant parfois celles de Dance Of Death ou The Legacy des britanniques d’IRON MAIDEN. C’est aussi le cas du saccadé Not My Problem, catchy à souhait. Mais aussi et surtout de l’orientalisant Samson And Delilah, un instrumental qui clôture en beauté ce seizième opus des outre-rhénans en y insérant quelques références classiques appréciées par Mister HOFFMANN (à savoir un bout de l’œuvre de SAINT-SAËNS ainsi que l’air de la Symphonie Du Nouveau Monde d’Antonin DVORAK).

En dehors de ces contournements du règlement, règne la continuité dans le changement avec des missiles balistiques classiques, tels que Too Mean To Die et sa facette JUDAS PRIEST prononcée, No Ones Master surprenant de mimétisme avec certaines des pistes figurant sur Blind Rage, Sucks To Be You la petite sœur de Hole In My Head, la power balade The Best Is Yet To Come qui rappelle étrangement Kill The Pain.

Musicalement, il n’y a, donc, pas forcément de transformation radicale. ACCEPT fait du ACCEPT, point barre. Toutefois, la formation s’est permis quelques échappées belles dans l’optique d’aérer sa musique, parfois un peu trop compacte. Exit les retours ponctuels dans le passé comme cela fût le cas sur Rise Of The Chaos, le groupe se concentrant exclusivement sur le présent, malgré une nostalgie certaine mais par trop relative pour être clairement perçue par les fans qui verront dans cet album une suite logique de son prédécesseur.

Textuellement, la troupe, grâce à l’âme de poète de Mark TORNILLO, s’attaque à divers sujets comme la dépendance technologique des primates humains, la célébrité sans mérite, la manipulation de masse par les médias, le lien entre solitude et désespoir, l’indifférence générale tandis que le monde part en sucette, les accusations injustifiées… Autant de thématiques qui font de ce dynamique Too Mean To Die une galette profondément dans l’observation de notre société occidentale. Ainsi, ACCEPT apparaît aussi incisif qu’un katana en tranchant dans le vif, tant musicalement que du point de vue des paroles. Cela a toujours été la marque de fabrique des natifs de Solingen depuis ses débuts en 1979.

Bien entendu, ACCEPT n’oublie pas de mettre en exergue la puissance régénératrice du heavy metal sur Too Mean To Die ou d’enfiler le costume de conteur sur The Undertaker. On trouve ici toute une palette de couleurs qui, mises bout à bout, donnent énormément de relief au tableau. Technicité, mélodies, agressivité ou douceur sont les composantes de cette toile en clair-obscur qui ravit autant l’œil, avec ce magnifique artwork reptilien réalisé par le trendy Gyula HAVANCSAK et le graphiste Tim WEZEL, en charge de la pochette, que l’oreille grâce aux nombreux mélanges de teintes sonores issues de genres radicalement différents et pourtant divinement complémentaires. L’ensemble magnifié par les talents de l’unique Andy SNEAP qui a su donner à ce Too Mean To Die énormément de relief avec une production bien musclée, perpétuant ainsi l’héritage de Blood Of The Nation, le premier opus d’une longue série de rondelles particulièrement belliqueuses.

De même, les musiciens sont en pleine forme et nous délivrent ici une prestation aussi précise qu’une montre suisse. Rien de bien étonnant car, à part les américains Philip SHOUSE et Christopher WILLIAMS, le reste de la meute du Wolf alpha fait partie de notre voisinage européen immédiat. Et les teutons sont bien connus pour leur sérieux et leur discipline que ce soit dans les pratiques musicales que dans bien d’autres domaines, notamment la mécanique. En parlant de cela, les rouages de Too Mean To Die sont parfaitement huilés, tout fonctionne comme sur des roulettes. La fluidité est de mise, tant dans les jeux de guitares que dans la section rythmique. Tout sur cette rondelle est hyper massif. Pourtant, la délicatesse pointe régulièrement le bout de son napperon crocheté. La musique d’ACCEPT ressemble à de la dentelle de Calais en version hauts-fourneaux de la Ruhr. De la subtilité ressort régulièrement de cette aciérie fondée à la fin des 70’s, cependant le ton global reste relativement punchy. Ce contraste est assez intéressant, bien qu’il soit déjà connu des fans depuis une sacrée longue période déjà.

Cela n’empêchera pas les mélomanes avertiEs d’apprécier cette énième offrande des « vieux » briscards qui continuent courageusement à distribuer des mandales au gré du vent sans se soucier des modes et des époques. Wolf HOFFMANN, en tant que leader, sait comment nous faire plaisir en conservant cette recette particulière qui a permis au combo d’atteindre les sommets élyséens de la scène heavy en gardant un même cap contre vents et marées, tout en la mettant au goût du jour pour notre plus grand bonheur.

Toutefois, certainEs d’entre vous apprécieront mieux la lourdeur et les flashbacks de The Rise Of Chaos, beaucoup plus compact que ce Too Mean To Die par moments trop hétérogène. Néanmoins, ACCEPT conserve son mordant sur ce nouvel album et déclenche toujours autant de sécrétions d’adrénaline et d’endorphines, ce qui nous rassure quant à sa capacité à nous pondre des titres enflammés. Pourtant, sans être rabat-joie, il manque ce petit quelque-chose qui fait d’une galette un grand album marquant les esprits, comme ce fût littéralement le cas avec Balls To The Wall naguère ou, plus récemment, Blood Of The Nations. Peut-être l’ombre de Blind Rage ressurgit-elle trop sur Too Mean To Die, qui hésite de manière redondante entre hard rock et heavy metal ? Ou bien est-ce le titre anachronique The Undertaker qui s’insère mal dans ce monolithe électrisant, comme semblent le penser bon nombre de personnes qui ont écouté ce seizième LP des teutons ? Arrêtons de jouer les difficiles et de vouloir à tout prix la perfection de la part d’une formation qui se donne à 666 % depuis plus de quarante printemps. Too Mean To Die est LE disque du premier trimestre de ce millésime à avoir sans regret dans sa discothèque, car la marchandise est d’excellente facture malgré, effectivement, quelques minuscules longueurs. Plusieurs pistes de cet album sont taillés pour le live, à commencer par Zombie Apocalypse, Too Mean To Die ou Not My Problem. Nul doute que l’impatience de les entendre joués en direct surgisse en vous à l’entame des premières notes lancées par votre chaîne HI-FI. Encore quelques mois et l’artillerie lourde sera de sortie en salles. D’ici là, apprécions à sa juste valeur le don, accouché dans la douleur, qui nous a été fait par cette équipée sauvage.


Line-up :

Mark TORNILLO (chant)
Wolf HOFFMANN (guitares)
Uwe LULIS (guitares)
Philip SHOUSE (guitares)
Martin MOTNIK (basse)
Christopher WILLIAMS (batterie)


Equipe technique :

Andy SNEAP (production, enregistrement)
Gyula HAVANCSAK (artwork)
Tim WEZEL (design pochette)


Guests :

Clay Vann (chœurs)


Studios :

Enregistré, mixé et masterisé dans le studio de Wolf Hoffmann à Nashville (Tennessee, USA)


Crédits :

Mark TORNILLO (paroles)
ACCEPT (musique)


Tracklist :

1) Zombie Apocalypse
2) Too Mean To Die
3) Overnight Sensation
4) No Ones Master
5) The Undertaker
6) Sucks To Be You
7) Symphony Of Pain
8) The Best Is Yet To Come
9) How Do We Sleep
10) Not My Problem
11) Samson And Delilah

Durée totale : 52 minutes et 7 secondes


Discographie non-exhaustive :

Accept (1979)
I’m A Rebel (1980)
Breaker (1981)
Restless And Wild (1982)
Balls To The Walls (1983)
Metal Heart (1985)
Russian Roulette (1986)
Eat The Heat (1989)
Staying A Life [Live] (1990)
Objection Overruled (1993)
Death Row (1994)
Predator (1996)
Blood Of The Nations (2010)
Stalingrad : Brothers In Death (2012)
Playlist : The Very Best Of Accept [Compilation] (2013)
Blind Rage (2014)
Restless And Live – Blind Rage, Live In Europe [Live] (2017)
The Rise Of Chaos (2017)
Symphonic Terror – Live At Wacken [Live] (2017)
Too Mean To Die (2021)


Date de sortie :

Vendredi 29 Janvier 2021 (initialement prévue le Vendredi 15 Janvier 2021)


Too Mean To Die

The Undertaker

Zombie Apocalypse

COMMENTAIRES DES LECTEURS Vos commentaires, vos remarques, vos impressions sur la chronique et sur l'album
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Pumpkin-T Le samedi 24 avril 2021

Ville : MARSEILLE
Punaise ! Notre Divine Sophia a balancé la tartine mais qu'est-ce que c'est agréable à lire ! Et, ce qui ne gâche rien à l'affaire, l'analyse de l'album est pertinente.
Commentaire de 神の知恵 : Merci pour tes compliments, cher collègue. ^^
Alain Le jeudi 22 avril 2021
Rien de mauvais sur cet album, tout est millimétré, efficace et agréable. Mais quelle absence de la moindre prise de risques ! Certains riffs ont été mille fois entendus, notamment chez... ACCEPT !
Commentaire de 神の知恵 : C'est le gros soucis chez les grands groupes : zéro expérimentation... En même temps, ça peut se comprendre : 99% des fans d'Accept veulent entendre du Accept. Tout comme 99% des fans de Maiden veulent entendre du Maiden... La prise de risque étant souvent casse-gueule, surtout depuis quelques années où beaucoup de formations ont splitté à cause du changement, même léger, de voie et des médisances sur les réseaux sociaux...
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