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Chronique
TOWER - Shock to the system

Style : Heavy Metal
Support :  MP3 - Année : 2022
Provenance du disque : Reçu du label
10titre(s) - 39minute(s)

Site(s) Internet : 
TOWER BANDCAMP
TOWER FACEBOOK

Label(s) :
Cruz Del Sur
 (19/20)

Auteur : Alain
Date de publication : 17/01/2022
Album totalement impératif !!!
Depuis une dizaine d’années environ, nul ne peut ignorer le pullulement de jeunes groupes qui se revendiquent d’une pratique du Hard et/ou du Heavy inspirée par les années 70 et la décennie suivante (quand ce n’est pas les deux). Or, ce que refusent d’envisager ces formations – du moins une proportion bien trop importante à mes yeux – c’est qu’avoir à sa disposition des sources d’inspiration aussi vastes devrait décupler l’imagination, plutôt que de susciter des réflexes fétichistes raccornis.

Le combo new-yorkais TOWER (à ne pas confondre avec ses compatriotes, présents et passés, originaires de Floride et de Californie, sans parler des homonymes hongrois, polonais et britanniques) a d’ores et déjà publié un premier album sans titre (2016, chez The End Records), ainsi qu’un EP quatre titres, Yesterday & Tomorrow (2019), avant d’en arriver à ce magistral Shock To The System.

Des groupes récents ont réussi à sublimer les référentiels de base, pour en proposer des moutures vivaces, revivifiant les modèles des annes 70 et 80. Sur ce site, nous avons récemment évoqué STYGIAN CROWN, SÖLICITÖR, HEX A.D., IRONFLAME, WHITE MAGICIAN, SOMMO INQUISITORE, SANHEDRIN, WITCHWOOD… Avec Shock To The System, TOWER se place d’emblée dans le peloton de tête, tant le groupe semble renverser la table avec cet album accrocheur, fonceur, quoique loin d’être dépourvu de finesse. Sans hésiter, j’annonce un coup de maître !

Puisque nous avons débuté cette chronique en parlant de la vague rétro, inutile de nier que TOWER s’inspire franchement du Heavy Metal de JUDAS PRIEST, du Heavy Rock nerveux et racé du RIOT originel, mais aussi du Hard Rock de la seconde moitié des 70’s. En outre, l’allant franchement énergique dans l’exécution conduit à des tempos appuyés, inévitablement évocateur de la NWOBHM, mais aussi de sa déclinaison immédiate Speed Metal. En somme, TOWER couvre un sacré territoire ? au rayon six cordes, nous avons une paire de guitaristes qui n’aiment rien tant que débiter du petit riff teigneux et accrocheur en diable, décocher des solos brefs, incisifs, toujours mélodiques ; sans pour autant se refuser des riffs parfois très Rock’n’Roll (qui auraient pu servir dans les premiers temps de MOTÖRHEAD), mais encore des breaks aux mélodies simples et quelques jouissifs plans jumeaux.

Là où un recours généralisé aux riffs basiques et secs peut rapidement s’avérer générateur d’une certaine pauvreté harmonique, rien de tel pour dynamiser l’ensemble qu’une section rythmique puissante et mobile, avec un batteur produisant un gros volume de jeu (sans mépriser, si nécessaire, un usage judicieux du contretemps) et un bassiste qui combine la nervosité de jeu d’un Steve HARRIS avec le son épais d’un Ian HILL. En somme, voici un tandem rythmique qui combine la classicisme Heavy Metal avec une approche véloce et énervée, pour un résultat effervescent au possible.

Alors même que l’essentiel des compositions affiche des durées entre plus de deux et moins de cinq minutes, le groupe se paie souvent le luxe de faire souffler une vibration épique, au moins aussi puissante et évocatrice que le souffle impérieux, d’essence foncièrement Rock, qui teinte certains titres. Sans jamais oublier ni la charge mélodique, ni les variations de tempos, de rythmes et d’ambiances, TOWER apporte un ensemble instrumental impérieux au possible, qui assurerait à lui seul le succès de cet album.

Sauf qu’il nous reste à évoquer la part identitaire la plus marquante – sans manquer de respect vis-à-vis des musiciens, dont on vient de relever la polyvalence, l’efficacité et la verve -, à savoir le chant de Madame Sarabeth LINDEN. A ce stade – celui de l’admiration pure et simple – il demeure particulièrement ardu de demeurer un tantinet objectif. Pratiquant compulsif de Hard & Heavy depuis 1979, il est vrai qu’il est difficile d’être étonné, encore moins ému et emporté par une interprétation, tant instrumentale que vocale. Dans le cas de figure présent, j’ai dû me pincer, tant la prestation absolument impériale de Sarabeth LINDEN synthétise ce que j’ai aimé chez certaines chanteuses, au fil des décennies. Son incroyable profondeur de registre de grave à médium m’évoque en vrac l’émotivité éruptive de Tina TURNER, l’investissement presque théâtral propre à Grace SLICK (JEFFERSON AIRPLANE, puis JEFFERSON STARSHIP), sans oublier la cinglante assurance de Chryssie HYNDE (THE PRETENDERS). Agissant dans un contexte Hard & Heavy, la chanteuse muscle fréquemment son jeu et gagne en agressivité, évoquant les standards installés successivement par exemple Wendy O’WILLIAMS (les PLASMATICS, dès la fin des 70’s), Kate de LOMBAERT (ACID, bien entendu !), Doro PESCH (WARLOCK, puis DORO). Ces évocations multiples seraient déjà amplement laudatives, s’il ne fallait ajouter une ultime référence : Pat BENATAR. Aujourd’hui injustement oubliée (voire dévalorisée par un look initialement outrageusement sexiste), l’Américaine émergea, puis s’imposa, de 1979 au milieu de la décennie suivante, comme une interprète passionnée, mais aussi fort nuancée. Par de nombreuses intonations subtiles, par des variations aussi maîtrisées que surprenantes, Sarabeth LINDEN s’impose comme une héritière présomptive totalement légitime. Avec à la clé une performance absolument majuscule, accessoirement apte à ridiculiser, ou simplement relativiser, les efforts déployés par ses homologues masculins. Souvent, elle s’impose, car plus juste, plus forte, plus variée, plus convaincante. Une prestation XXL, chanteurs et chanteuses confondus !

Résumons-nous : une inspiration à cheval entre le Hard 70’s et le Heavy primordial, voire le Speed 80’s, une interprétation instrumentale investie et passionnée, rigoureuse et pleine de feeling, des prestations vocales au-delà du normal. Qu’est-ce que vous ne comprenez pas dans le concept d’album indispensable ?! Et ce, d’autant plus que l’illustration de la pochette retranscrit de manière idéale les sentiments d’enfermement et de glaciation propres à notre longue période pandémique.

Vidéo de Blood Moon : cliquez ici
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