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Chronique
THE THREE TREMORS - Guardians of the void

Style : Heavy Metal
Support :  CD - Année : 2021
Provenance du disque : Acheté
12titre(s) - 60minute(s)

Site(s) Internet : 
THE THREE TREMORS WEBSITE

Label(s) :
Steel Cartel
 (18/20)

Auteur : 神の知恵
Date de publication : 02/02/2022
Un album plus travaillé et mélodique qui n'en oublie pas d'être brutal et véloce dans une veine eighties pas désagréable...
Vous rappelez-vous du groupe de nonnes qui chantaient faux sur la scène de l’église dans la fabuleuse comédie Sister Act, ceci à cause d’un placement de voix chaotique, vite résolu par l’intérimaire sœur Marie-Clarence alias la meneuse de revue Dolores Van Cartier, personnage déjanté incarné par l’aussi loufoque Whoopy Goldberg ?

Ce problème purement technique dû à une méconnaissance du chant choral est survenu sur le premier opus des américains de THE THREE TREMORS. Sean PECK, Tim OWENS et Harry CONKLIN étant tous trois des ténors, il y avait forcément peu de place pour une harmonie sur les lignes de chant communes, le trio se lançant aveuglément dans des entortillements de notes suraigües douloureuses pour les oreilles. Il aurait été plus judicieux que chacun des protagonistes se place un demi voire un ton en-deçà des autres ou qu’ils usent de phrasés en canon, donc légèrement décalés, pour que l’ensemble devienne alors plus intelligible. Le manque d’écoute mutuelle est sans aucun doute en cause dans ce gâchis de musique, pourtant intéressante sur un plan purement instrumental étant donné le niveau des guitaristes, bassiste et batteur.

Lancés par un relatif succès lors de la tournée qui a suivi la sortie de The Three Tremors, les troubadours ont décidé de se lancer dans la composition et l’enregistrement d’un second album dès que leurs emplois du temps respectifs leur permettraient une nouvelle fois de se réunir pour bosser sur ce successeur tant attendu par les groupies de la triplette du pays de l’Oncle Sam.

Retardée d’une année en raison de la pandémie de coronavirus, cette seconde rondelle voit enfin le jour début novembre 2021.

Toujours superbement illustré par Marc SASSO, Guardians Of The Void a connu un petit changement dans le line-up. Exit le quatre-cordiste Alex PICKARD, bienvenue à son remplaçant brésilien Rafael "Gamma Ray" NOGUEIRA (ex-PAPA NECROSE). Le reste des ménestrels demeure inchangé, à savoir la paire de guitaristes Casey TRASK - David GARCIA et le frappeur de fûts Sean ELG, tous membres de CAGE, leur autre formation menée par Sean PECK.

Mis en boîte et mixé par David GARCIA, c’est son frère Kevin qui s’est finalement chargé du mastering de Guardians Of The Void. Le rendu final n’en est que plus homogène et chaleureux. Les trois chanteurs étant enfin intégrés dans la globalité du groupe, les morceaux sont plus compréhensibles, bien plus supportables qu’auparavant. Les critiques reçues naguères semblent avoir porté leurs fruits et Sean PECK, Tim OWENS ainsi que Harry CONKLIN ont, ô miracle, abandonné la démonstration exagérée au profit de l’interprétation pure.

Continuant à évoluer dans un heavy metal de haute facture saupoudré de power, le septuor est arrivé à nous concocter des morceaux modernes porteurs d’un certain classicisme, toujours aussi véloces et enragés, bien que plus mélodiques, comme l’excellent premier single Bone Breaker qui repose sur des riffs puissants et des rythmiques saccadées typiques du thrash US. Cette réussite permet au groupe de se lancer dans la suite des hostilités avec l’éponyme Guardians Of The Void et son intro à la Breaking The Law de JUDAS PRIEST. Plus concis, ce titre renoue temporairement avec The Three Tremors, mais de manière moins irritante, tout en se parant d’une couleur tantôt germanique à la KREATOR, tantôt britannique à la JUDAS PRIEST. Aucunement surprenant, cependant totalement prenant. Tandis que Kryptonian Steel se fait plus théâtral, Tim OWENS étant le maître de cérémonie sur ce prêche à la gloire de Superman, tant il rayonne dans les medium agressifs. L’expérience CHARRED WALLS OF THE DAMNED lui ayant permis de se détacher de JUDAS PRIEST et ICED EARTH et de retrouver les racines qu’il a porté sur le très bon Heart Of A Killer de WINTERS BANE en 1990.

Nouveauté oblige, Crucifier est un mid-tempo caractéristique des eighties qui magnifie les voix de Sean, Harry et Tim en les arrangeant en différentes strates, autorisant ainsi chacun des frontmen à sortir des suraigus pour se concentrer sur une tessiture plus basse qui démontre toute l’étendue de leur talent de chanteurs expérimentés.

Le calme n’étant souvent que de courte durée dans l’ouragan THE THREE TREMORS, la troupe remet aussitôt le couvert avec I Can’t Be Stopped, une ritournelle explicitement belliqueuse. Rien ne peut arrêter cette redoutable tempête, pas même l’incursion d’une dépression jumelle sur Frailty, personnifiée par Steve GRIMMETT, leader de GRIM REAPER, important combo de la NWOBHM ayant "récemment" sorti At The Gates, sa cinquième rondelle en quarante ans de carrière. Son timbre moins haut perché que celui de ses comparses états-uniens le fait se démarquer de ces derniers, ce qui donne à Frailty un aspect multicouches pertinent qui colle parfaitement avec l’atmosphère pittoresque des eighties présent sur ce Guardians Of The Void bien musclé.

Petite parenthèse féminine sur l’introduction de Operation : Neptune Spear avant de retomber dans les vieux travers pourtant mieux maîtrisés des voix qui se marient dans une élévation céleste soutenus par un quatuor orchestral millimétrique, impressionnant de précision et de finesse dans un tempo infernal qui se déchaîne à la vitesse de la lumière avant de retomber dans une relative trêve avec un Chained To The Oar moins marquant, quelque peu rasoir par moment de par cette répétitivité dans le riff principal doublé. Ce qui n’est pas une catastrophe en soi, malgré le patronyme de la chanson suivante, l’épique Catastrophe, qui rappelle encore CAGE ou DEATH DEALER, voire les travaux de Tim OWENS dans ICED EARTH et JUDAS PRIEST ou les derniers JAG PANZER (The Scourge Of The Light, The Deviant Chords). De plus, certains éléments évoquent MERCYFUL FATE et STEEL PROPHET.

La trilogie de clôture débute avec le mélodique Wickedness And Sin, très power dans l’âme et le jeu des guitaristes mimant ponctuellement le HELLOWEEN de la grande époque ainsi que le SAXON du nouveau millénaire. Il est très facile de s’imaginer Michael WEIKATH et Kai HANSEN ou Paul QUINN et Doug SCARRATT à la place de Casey TRASK et David GARCIA, tant Wickedness And Sin mélange les gimmicks de ces deux légendes du vieux continent. Fall Of Rome, quant à lui est plus axé sur le contemporain avec des intonations à la BLAZON STONE, BRAINSTORM ou BEYOND FEAR tout en conservant ce visage européen dans les soli de grattes. Guardians Of The Void se terminant majestueusement avec là encore un concentré de mélodies intitulé War Of Nations et une entrée en matière celtique avant de lancer les hostilités qui peuvent faire penser à du ICED EARTH période The Glorious BurdenTim OWENS s’en tire le mieux, Sean PECK ayant du mal à apporter des émotions à ce titre dont la thématique est plutôt sombre. Néanmoins, pour un épilogue, Guardians Of The Void aurait été plus judicieux, ce War Of Nations n’ayant pas grand-chose de glorieux et n’ayant pas sa place en lanterne rouge avec sa mélancolie persistante.

Du point de vue des textes, ceux-ci n’ont rien à voir avec ceux de The Three Tremors, plus ancré dans la SF et les petits hommes verts. Guardians Of The Void aborde plus la thétique de la guerre et de ses conséquences, ce qui en fait un album plus réaliste sans tomber dans la dystopie. Une dénonciation du quotidien de l’Humanité, en somme.

Concrètement, Guardians Of The Void est bien meilleur que son aîné. Les excès se font plus rares, bien qu’il y en ait encore un peu ici et là. Cela dit, The Three Tremors n’était qu’un brouillon, Guardians Of The Void est une œuvre plus aboutie. L’union des trois ténors se fait plus éthérée, notamment grâce au travail plus ciselé sur le mixage. La production est toujours aussi claire et costaude, mais plus ronde, donc plus organique. Le son de The Three Tremors était plus clinique, plus froid. Là, il est constant de ressentir de la chaleur tout au long de ces douze titres. Le septet varie les plaisirs en naviguant sur des eaux tumultueuses ou plus calmes. De même, il est arrivé à mettre de côté CAGE pour mieux développer ses influences annexes, souvent trouvables en Angleterre ou en Allemagne. Bien sûr, THE THREE TREMORS garde son identité américaine intacte au travers de passages thrashy ou heavy typiques des groupes de la Bay Area ou de la NWOAHM. Les chanteurs changent régulièrement de tessiture, passant de l’hyper aigu aux sonorités les plus graves, tout en y ajoutant des teintes rock légères ou très brutales à la Jugulator. Les riffs sont passablement différents de ceux utilisés sur le premier album et sont plus familiers. La musique de THE THREE TREMORS est désormais plus en phase avec le heavy traditionnel des eighties sur Guardians Of The Void que sur son opus éponyme. THE THREE TREMORS devra toutefois confirmer cette tendance avec une troisième galette grâce à laquelle elle pourra se positionner en tant que concurrence sérieuse des STEEL PROPHET, SEVEN WITCHES, HELSTAR, PASTORE et consorts. Guardians Of The Void est l’une des meilleures surprises du cru 2021. THE THREE TREMORS a su se remettre en cause et proposer un heavy power américain hybride plus introspectif sans pour autant ralentir la cadence ou devenir un enfant de chœur. Bien au contraire, il continue son petit bonhomme de chemin en distribuant des baffes à tout bout de champ avec un gant de velours pour atténuer les coups. Mais on sent bien qu’à travers les élans de quiétude, il y a une main de fer qui contrôle le tout. Un disque qui défoule en cette période morose en attendant le nouveau CAGE et les prochains JAG PANZER et KK’S PRIEST.



Line-up :

Sean « The Hell Destroyer » PECK (chant)
Tim « Ripper » OWENS (chant)
Harry « The Tyrant » CONKLIN (chant)
Casey « The Sentinel » TRASK (guitares)
David « Conan » GARCIA (guitares)
Rafael « Gamma Ray » NOGUEIRA (basse)
Sean « The Thrash Machine » ELG (batterie)


Equipe technique :

Sean PECK (production exécutive)
David GARCIA (enregistrement, mixage)
Kevin GARCIA (mastering)
Marc SASSO (artwork)
Alex YARBOROUGH (design pochette)
Frank PIERCY (photographie)
Royce BISHOP (photographie)
Scott BRAUN (photographie)


Guests :

Steve GRIMMETT (chant sur Frailty)



Studios :

Enregistré, mixé et masterisé au sein du Hellscream Studios (USA)


Crédits :

Sean PECK (paroles, musique)
David GARCIA (musique)
Casey TRASK (musique)


Tracklist :

1) Bone Breaker
2) Guardians Of The Void
3) Kryptonian Steel
4) Crucifier
5) I Can’t Be Stopped
6) Frailty
7) Operation : Neptune Spear
8) Chained To The Oar
9) Catastrophe
10) Wickedness And Sin
11) Fall Of Rome
12) War Of Nations

Durée totale : 60 minutes environs


Discographie non-exhaustive :

The Three Tremors (2019)
Solo Versions (2019)
Guardians Of The Void (2021)


Date de sortie :

Vendredi 5 Novembre 2021



Bone Breaker (Clip Officiel)
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