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Chronique
BORIS - W

Style : Rock
Support :  CD promo - Année : 2022
Provenance du disque : Reçu du label
9titre(s) - 41minute(s)

Site(s) Internet : 
BORIS FACEBOOK
BORIS BANDCAMP

Label(s) :
Sacred Bones records
 (17/20)

Auteur : Alain
Date de publication : 04/02/2022
Long voyage psychédélique et bruitiste
BORIS, c’est un trio féminin japonais, actif depuis 2012, auteur de plus d’une trentaine d’albums et d’une multitude de formats courts ou partagés (plus des coffrets et des compilations, sinon ce n’est pas drôle). C’est surtout la manifestation d’une personnalité musicale hors normes, se dérobant avec constance à toute catégorisation réductrice. Des influences, des sources d’inspiration ? Bien entendu que BORIS en a ! Nombreuses et foisonnantes : Noise, Drone, Shoegaze, Lo-Fi, Punk, Crust, Hardcore, Grindcore, Rock psychédélique, un zeste de Metal, ne prétendons pas être exhaustif ! Au fil de cette foisonnante discographie, BORIS s’est approprié tour à tour ces influences. Mais, avec le recul, on ne peut que se résigner à affirmer que BORIS fait du BORIS et se laisse plus que jamais toute latitude pour choisir son angle pour tel ou tel enregistrement.

Une fois de plus, avec ce qui me semble être son trente-deuxième album studio (tout dépend des méthodes de comptage), le trio n’en fait qu’à sa tête et propose neuf compositions qu’on ne saurait relier à un seul style musical. Seul morceau justifiant la présence d’une chronique de W sur ce site, le titre The Fallen impose une vision surpuissante d’un Doom, abâtardi en mode Noisy, un peu comme nous assistions à une collision fusionnelle et fructueuse entre CELTIC FROST et THE SWANS (des débuts). Les riffs sont telluriques, adossés à une section rythmique impressionnante de science pachydermique. Quand elles ne soulèvent pas des tonnes de granit pour mieux les laisser lourdement retomber, les guitares se font stridentes, mordantes, harassantes de dissonance maîtrisée. Au vu de la falaise électrique ainsi érigée, il était sage de ne pas tenter d’introduire du chant et de se contenter d’un mode instrumental.

Hormis cette démonstration de force, BORIS offre d’autres visages, plus contrastés. On peut apprécier le versant âpre mais fascinant à base de Drone, de Shoegaze, de vocaux susurrés, à la limite de la Dream Pop, comme sur l’hypnotique morceau d’ouverture, I Want To Go To The Side You Can Touch
A titre personnel, je trouve particulièrement touchant le titre Icelina, tout en touches instrumentales subtiles et vocaux murmurés à l’oreille. Une délicatesse subtilement perturbée par quelques dissonances insinuées plus qu’imposées.
Autre manifeste de finesse incertaine mais authentiquement captivant, le relativement bref (moins de trois minutes) Invitation combine la froideur de la Cold Wave du début des 80’s avec un rendu aquatique troublant. Les deux premiers tiers de Beyond Good And Evil adoptent une posture assez similaire, avant que le dernier tiers ne mute en mode électrique, combinant Shoegaze et psychédélisme.

A mi-chemin entre le titre introductif et la fragilité de Icelina, Drowning By Numbers impose un équilibre improbable, et pourtant si émouvant, entre un chant presque fragile et une instrumentation à base de guitares psychédéliques et autres arrangements électroniques tirés du Dark Ambient. Nul doute que David LYNCH trouverait sans coup férir une place pour ce titre dans une de ses œuvres passées ou à venir. De même qu’il trouverait un emploi aux cascades lacrymales et acides de l’instrumental désenchanté Old Projector. En contraste, le bref instrumental Jozan ne peut prétendre à être autre chose qu’une parenthèse dispensable, une sorte d’exercice de guitare électrique hendrixienne distante et pas pleinement assumé : anecdotique.

Toutes les compositions évoquées jusqu’à présent se situaient dans un étiage n’excédant pas les 5’30. Reste à statuer sur ce qui s’apparente à un monolithe, à savoir You Will Know (Ohayo Version), qui culmine à un peu moins de 9’30. Quoi faire d’un format somme toute généreux ? Un long et méthodique développement de guitare, oscillant entre rendu aqueux, tournures acides et sulfureuses, point de rencontre fructueux entre la tradition du Rock psychédélique, du Shoegaze et du Drone. La douceur vaporeuse du chant offre un contraste presqu’angoissant avec ce substrat instrumental pesant, grinçant, animé de pulsations sourdes.

Vous aurez compris que W, comme tout autre album de BORIS, est à réserver aux esprits libres, aux aventuriers et aux explorateurs. Bon voyage.

Vidéos de Beyond Good And Evil cliquez ici et de Drowning By Numbers cliquez ici
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Rémifm Le dimanche 6 février 2022
Mettre son intestin ou un vers solitaire sur sa pochette de disque, la classe ! Je crois que nous tenons notre plus belle "cover" de l'année... En tout cas le concours est (bien) lancé !
Commentaire de Alain : Rectification : y a pas de concours qui tienne, puisque je gagne chaque année. Laissez tomber...
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