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Chronique
BRAINSTORM - Wall of skulls

Style : Melodic Speed Metal
Support :  MP3 - Année : 2021
Provenance du disque : Reçu du label
12titre(s) - 50minute(s)

Site(s) Internet : 
BRAINSTORM WEBSITE

Label(s) :
AFM
 (17/20)

Auteur : 神の知恵
Date de publication : 14/05/2022
Un ballet de notes flamboyantes...
La Mort est un sujet récurrent dans le metal. Enormément de groupes s’en préoccupent d’une manière plus ou moins prononcée en fonction des sous-genres dans lesquels ils évoluent individuellement. Beaucoup aussi l’affichent sur les couvertures de leurs livrets, soit en guise de mascotte tels les allemands de GRAVE DIGGER, soit pour exorciser d’une façon ou d’une autre cette peur de l’inconnu que toutE unE chacunE ressent face à cette ultime transmutation de la matière qui permet instantanément de passer d’un plan matériel à un niveau éthérique lorsque la biologie s’arrête, son horloge ayant atteint sa date de péremption, pour passer à une transfiguration quantique incoercible prédéterminée à la conception. C’est le cas des teutons de BRAINSTORM qui, une fois n’est pas coutume, se sont parés d’un artwork explicite sur leur déjà treizième album, le puissant Wall Of Skulls, une nouvelle fois magistralement illustré par le désormais célèbre Gyula HAVANCSAK. Ce « mur de crânes » est à la fois une représentation clairement établie du chiffre 13 qui, dans le tarot, est dépeint par l’arcane sans nom qui fait référence à la Grande Faucheuse, mais aussi un renvoi aux structures constituées d’ossements humains que l’on trouve à Paris (les catacombes) ainsi qu’en République Tchèque (la terrible église Kostnice à Kutna Hora). Par extension, le décorum de Wall Of Skulls peut également rendre hommage aux victimes de la pandémie, ainsi qu’aux difficultés rencontrées par les artistes mondiaux à ce moment-là, ne pouvant plus communier avec leurs fans lors des grandes messes que furent les représentations scéniques, interdites pendant deux trop longues années, et qui, du coup, mirent les musiciens dans une situation compliquée, les troubadours arrivant à vivre grâce aux concerts et au merchandising qui est distribué en amont et en aval de ces récitals, et plus difficilement avec la vente des CD, le streaming ayant fait sa révolution, déstabilisant ainsi plus fortement l’industrie phonographique. Tout cela faisant ressentir aux instrumentistes qu’ils n’avaient même plus la peau sur les os, estimant qu’ils avaient été dépouillés de tout, pour la plupart. Mais, BRAINSTORM, loin de penser cela, étant de véritables combattants, comme il est aisé de le constater à l’écoute de leur dernier opus belliqueux, utilisent cette métaphore du « mur de crânes » comme un gimmick indiquant à la fois que Wall Of Skulls est un ouvrage qui va frapper fort (le portail infernal en milieu de tableau) et qu’à son écoute, il sera compliqué de faire de « vieux os », tellement il est susceptible de décharner le commun des mortels non habitué à un tel niveau de déflagration sonore. Il s’agit d’une certaine façon de nous préparer au contenu de cette énième rondelle des outre-rhénans.

Ce qui frappe également, ce sont les clins d’œil aux précédentes pochettes, à savoir la crypte qui rattache à Unholy, les gargouilles qui refont surface après Ambiguity et Memorial Roots, les squelettes rampants précédemment présents sur Firesoul et Midnight Ghost, ainsi que le passage enflammé qui renvoie à celui du musclé Ambiguity, de Spur On The Moment, de celui de Firesoul (le feu des âmes dans le chaudron) et de Scary Creatures, sans oublier les serpents de Ambiguity et Midnight Ghost. De prime abord, serait-il possible que Wall Of Skulls soit un mix de toutes ces sorties ? Ou simplement leur continuité ? Comme l’a expliqué Andy B. FRANCK, Midnight Ghost fût un tournant dans la carrière du groupe germain, tant au niveau de la qualité des chansons que du succès commercial qui en a résulté. Cependant, il ne faut pas s’attendre à une suite du douzième microsillon, loin de là. Wall Of Skulls est, toujours selon les dires du vocaliste, une évolution dans le power metal du combo. Notamment par l’adjonction de lignes de chants interprétées par deux invités de prestige, à savoir Peter « Pevey » WAGNER de RAGE sur le single Escape The Silence et le producteur-ingénieur du son de la formation, Sebastian « Seeb » LEVERMANN, sur l’autre single Turn Off The Light. Une nouveauté qui ne passe pas inaperçue et qui apporte à Wall Of Skulls un brin de fraîcheur. Un troisième guest, plus discret, s’est fait une place sur l’album, j’ai nommé le claviériste Michael « Miro » RODENBERG, déjà là sur de nombreuses réalisations de BRAINSTORM. C’est le faiseur d’ambiances qui permet au quintet de surfer sur les vagues des atmosphères ambivalentes, naviguant entre les moments de clarté et les instants d’obscurité.

Contrairement aux précédentes offrandes qui avaient été jetées en pâture au monde tel qu’elles ont été enregistrées, mixées et masterisées, Wall Of Skulls a pu, dans le paradoxe de la pause forcée induite par ce tsunami viral inattendu venu de Chine, être retravaillé par les guitaristes et compositeurs Torsten IHLENFELD et Milan LONCARIC ainsi que par le hurleur Andy B. FRANCK de manière à ce que cet opus puisse rayonner de son plein potentiel. Après des heures de nouveau ciselage tant au niveau des riffs que des lignes de chant, Wall Of Skulls en met plein la vue. BRAINSTORM emploie les mêmes recettes mais réarrangées différemment de sorte à ce l’on perçoive quelques distorsions dans la matrice.

Outre une courte introduction grégorienne qui peut, non sans peine, rappeler celle de Sign Of The Cross d’IRON MAIDEN, Wall Of Skulls lance les hostilités avec Where Ravens Fly et un Andy très en voix, notamment sur les premières secondes où il atteint des notes extraordinairement hautes et ce ne sont ni Torsten ni Milan qui réalisent ce son impromptu. Là, on commence à se dire que l’album va sûrement valoir son pesant d’or. C’est d’ailleurs le cas et l’on s’en rend très rapidement compte dès que les riffs de grattes soutenus par un tempo véloce débarquent en grandes pompes. Antonio IEVA et Dieter BERNERT vont maintenir cette vitesse assez constamment tout au long des 45 minutes de Wall Of Skulls. Vu l’engin, nous avons effectivement à faire à un autre BRAINSTORM, beaucoup plus mature et mélodique que par le passé. Contrairement à Liquid Monster, Wall Of Skulls se veut plus massif tout en faisant dans la dentelle. Where Ravens Fly est du pur nitro qui permet à cet opus de démarrer en trombe, tout en introduisant ce nouvel univers promis par Andy et ses compères dans le descriptif fourni avec l’EPK. BRAINSTORM atteint une autre dimension dès le titre suivant, le mid-tempo Solitude qui verse plutôt dans le heavy que dans le power, a contrario de Where Ravens Fly, et qui donne autant la chair de poule que le magnifique Ravenous Minds présent sur Midnight Ghost, voire le …And I Wonder de Firesoul. Confirmation pour la facette heavy avec Escape The Silence qui porte en lui les fantômes de Metus Mortis et Firesoul, toujours aussi lourd et majestueux dans son interprétation que les deux anciennes rondelles. Quand Peavy rajoute son grain de sel, comme pour sceller un mariage entre les deux pointures que sont BRAINSTORM et RAGE, là c’est un plaisir assuré, tellement les voix d’Andy et de Peavy se mélangent à merveille en fin de piste. Les refrains se font solennels à la Erased By The Dark ou Where Angels Dream, ce qui donne à cette chanson un côté dramatique très shakespearien.

Et tandis que Turn Off The Light défonce les dentiers avec sa rythmique en mode mitraillette, son chant medium et ses mélodies enchanteresses entrecoupées de riffs assassins, surplombés par un bref solo en tapping, façon Erased By The Dark, la symphonie en moins, Glory Disappears permet de décompresser après une première moitié de disque intense et frénétique. Cette power ballad, rappelant, bis repetita, …And I Wonder ainsi que Heavenly par son intro acoustique et dark, vite remplacée par une explosion électrique plaisante à la Burns My Soul, un fond orchestral ainsi que des ponts au piano en guise supplément sauce et oignons, se détache de tous les autres titres plus nerveux, ce qui relâche quelque peu la tension avant un coming back en force des guitares, basse et batterie bien saignantes via le boitillant My Dystopia, le Temple Of Stone de Wall Of Skulls, le très eighties End Of My Innocence et son synthé vintage manière In These Walls, le rentre-dedans Stigmatized (Shadows Fall) qui est la redondance de Devil’s Eye et de Falling Spiral Down, Holding On voit le quintet se prendre partiellement pour le STRATOVARIUS pré et post-2009 (A Millions Light Years Away, Falling Star), avec ces jolies nappes de claviers tout en conservant cette part BRAINSTORM, mais en y ajoutant un feeling qui fait, encore une fois, revivre un son typique des années 80. Décidément, Miro RODENBERG aura fait un super boulot sur les ambiances. En tant qu’épilogue de ce Wall Of Skulls décoiffant, I, The Deceiver, une aria classique pour les allemands qui renouent avec leurs souches, comme ce fût le cas surShiver. Cerise sur la forêt noire, BRAINSTORM nous offre Cold Embrace, un petit bonus track, histoire de nous fidéliser et de prendre notre pied quelques instants de plus. Après tout, pourquoi s’en priver ? Une rallonge comme celle-ci, à la fois tribale et redoutable, ça ne se refuse pas.

Et l’on comprend mieux la raison pour laquelle la formation a décidé de nommer ce treizième LP Wall Of Skulls. Il ne s’agit nullement de causer architecture mortuaire ou d’aborder la question des malades morts au combat durant les deux premières vagues de la Covid-19. Il s’agit plus vraisemblablement d’exhumation de quelques exercices stylistiques d’il y a trois décennies et des poussières, comme une sorte de tribute aux héros musicaux appréciés des musiciens de BRAINSTORM, en particulier des guitaristes et du chanteur, bercés, entre autres, par la synthwave, la pop et le rock des « golden years » qui ont naturellement eu un impact indélébile sur chaque mélomane qui a connu cette période-phare, qui aura influencé un grand nombre de nouveaux artistes en ce second millénaire, notamment les BEAST IN BLACK, Anette OLZON et cie. BRAINSTORM aura lui aussi, mais de façon plus mesurée, succombé à cette tendance de placer furtivement des nappes, non pas phréatiques, mais synthétiques en fond sonore, ce qui suscite des réactions mitigées, en tous cas en ce qui me concerne, car même si les claviers s’insèrent parfaitement parmi les riffs de Torsten IHLENFELD et Milan LONCARIC, allégeant le rempart extrêmement compact construit par le couple Antonio IEVA et Dieter BERNERT et soutenant vocalement Andy B. FRANCK dans ses lignes de chant, l’ensemble étant alors plus aérien. Ce phénomène de mode, parce-que c’en est un, il faut bien se l’avouer, concerne aujourd’hui un nombre croissant de groupes de metal. BRAINSTORM a, et c’est à prendre au conditionnel, sûrement voulu adopter un visage plus moderne tout en usant de vieux gimmicks, maintes fois éprouvés. Ce n’est absolument pas mauvais, loin de là. Mais, les teutons ont, à mon humble avis, plus efficacement magnifié leur heavy power avec des passages symphoniques qu’avec ces soubassements électroniques d’un autre temps. Et je préfère largement le BRAINSTORM direct et sans concessions des débuts ou celui de Firesoul.

Conséquemment, il est assez évident de concevoir cet album comme un résumé phonique de la carrière des germains ou un patchwork assemblant dans un flashback de trois quart d’heure les briques qui ont forgé l’identité sonore de BRAINSTORM, à savoir la vélocité, l’agressivité, les mélodies, la versatilité, la poésie, l’emphase, la symphonie (lorsque celle-ci est nécessaire), la douceur, la hardiesse. Le combo est tout cela à la fois. Avancer tout en ne lâchant pas le cordon ombilical des origines empêche souvent d’évoluer réellement. Wall Of Skulls est, certes un renouveau pour BRAINSTORM, avec une production plus organique, des chansons plus léchées, un Andy B. FRANCK hallucinant de maîtrise, des instrumentistes très à l’aise dans leur jeu, mais il y a comme une impression d’accoisement excessif, essentiellement sur End Of My Innocence et Holding On, qui ne font pas totalement justice à la musique du groupe, cela malgré, je le répète encore une fois, le superbe travail de Michael « Miro » RODENBERG que je ne remets nullement en cause. Tout comme je ne nie pas la spontanéité de la formation dans cette volonté de se détacher de son passé tout en intégrant cet élément concomitamment rétro et actuel qu’est le synthé. Cela dit, il est bizarre d’entendre des lignes de claviers sonnant aussi « vieux » sur un opus de BRAINSTORM. Fort heureusement, elles ne sonnent pas aussi kitsch que chez BATTLE BEAST, Dieu soit loué. Une fois ce « perturbateur » mis de côté, Wall Of Skulls est une nouvelle démonstration de l’énorme talent du club des cinq (des six si l’on ajoute Michael RODENBERG) qui, depuis les balbutiements du 21ème siècle n’a eu de cesse de progresser à tous les niveaux et de nous proposer régulièrement du matériel d’une incroyable qualité. Wall Of Skulls renouvelle cet exploit et flirte avec le firmament, tant ce disque possède en lui une aura céleste qui devrait, logiquement, autoriser BRAINSTORM a prendre définitivement son essor et d’asseoir durablement sa, désormais, très confortable position de cador du genre pratiqué. Wall Of Skulls subjugue autant qu’il étonne. Grâce à cette dualité dont les troubadours ont le secret, légèreté et gravité se côtoient dans un ballet de notes flamboyantes. Nul doute que les fans des outre-Rhénans apprécieront ce cadeau qu’ils attendaient depuis un trio de printemps et que les autres découvriront avec délectation cette dernière merveille des natifs de Heidenheim.



Line-up :

Andy B. FRANCK (chant)
Torsten IHLENFELD (guitares, chœurs)
Milan LONCARIC (guitares, chœurs)
Antonio IEVA (basse)
Dieter BERNERT (batterie)


Equipe technique :

Sebastian « Seeb » LEVERMANN (ingénierie du son, production, mixage, mastering)
Gyula HAVANCSAK (artwork, design livret)
Alex KÜHR (photographie)


Guests :

Peter « Peavy » WAGNER (chant sur Escape The Silence)
Sebastian « Seeb » LEVERMANN (chant sur Turn Off The Light)
Michael « Miro » RODENBERG (claviers)


Studios :

Enregistré aux studios Greenman (Arnsberg, Allemagne)
Claviers enregistrés aux studios Gate (Allemagne)
Mixé et masterisé aux studios Greenman (Allemagne)


Crédits :

Andy B. FRANCK (paroles)
Torsten IHLENFELD (musique)
Milan LONCARIC (musique)


Tracklist :

1) Chamber Thirteen (Instrumental)
2) Where Ravens Fly
3) Solitude
4) Escape The Silence
5) Turn Off The Light
6) Glory Disappears (Black From Grey)
7) My Dystopia
8) End Of My Innocence
9) Stigmatized (Shadows Fall)
10) Holding On
11) I, The Deceiver
12) Cold Embrace (Bonus Track)

Durée totale : 50 minutes environ.


Discographie non-exhaustive :

Hungry (1997)
Unholy (1998)
Ambiguity (2000)
Metus Mortis (2001)
Soul Temptation (2003)
Liquid Monster (2005)
Downburst (2008)
Memorial Roots (2009)
On The Spur Of The Moment (2011)
Firesoul (2014)
Scary Creatures (2016)
Midnight Ghost (2018)
Wall Of Skulls (2021)


Date de sortie :

Vendredi 17 Septembre 2021




Escape The Silence (Vidéo Officielle)

Glory Disappears (Vidéo Officielle)

Turn Off The Light (Vidéo Officielle)

Where Ravens Fly (Lyrics Vidéo Officielle)

Solitude (Lyrics Vidéo Officielle)

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