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20/05/2025
The entity
DEATH SS
 
Afin d’appréhender correctement le onzième album studio de DEATH SS, il convient tout d’abord de déminer le terrain. Le SS dans le nom du groupe ne doit rien au nazisme mais incarne les initiales du chanteur, Stefano SILVESTRI, alias Steve SYLVESTER. Un choix malheureux de lettrage, voire une volonté de choquer dans les années 80, instillèrent durablement le doute quant à l’orientation politique du groupe. Or, de politique, il n’en est aucunement question, mais bien plutôt d’occultisme et d’horreur. En fait, DEATH SS m’est toujours apparu comme un prolongement transalpin d’ALICE COOPER (tant le groupe que l’artiste solo).

Après un virage teinté d’indus au début du XXIème siècle, DEATH SS a renoué avec un Heavy Metal classique dans ses fondamentaux, à mi-chemin entre ALICE COOPER (époque Love It To Death) et JUDAS PRIEST (la charnière entre 70’s et 80’s). Restent les éléments distinctifs, notamment les claviers gothiques prodigués par Freddy Delirio (qui se produit aussi en solo : cliquez ici), ainsi que des arrangements vocaux féminins.

L’accent très nettement mis sur les mélodies vocales entre en contraste fructueux avec le timbre rauque et nasal du chanteur, d’où une comparaison respectueuse avec le grand maître ALICE COOPER. L’évocation du maître de l’Horror Rock se traduit concrètement dans Justified Sinner, dont les lignes de chant évoquent franchement You Give Love A Bad Name de BON JOVI, avec une hargne typique du maestro sur Trash. Qui plus est, le très mélodique The Evil Painter évoque les meilleurs moments de BLUE ÖYSTER CULT.


Au moment où l’on se prend à envisager DEATH SS comme un groupe authentiquement voué à l’occulte, un arrangement vient alléger le propos, comme sait si bien le faire GHOST. Claviers très typés 80’s, chœurs féminins, tout concorde pour rappeler que l’on est dans le domaine de la représentation, non d’un culte sinistrement véritable.

Pour le versant relevant du pur Heavy Metal, c’est un florilège de riffs teigneux et tranchants, accrochés à des rythmiques carrées, déroulées en mode médium. Le tout relevant d’un patrimoine Heavy Metal, tel que fixé par JUDAS PRIEST à partir de British Steel. Cela dit, certains solos de guitares virtuoses et mélodiques renvoient davantage du côté de Randy RHOADS et Michael SCHENKER. Excusez du peu.

The Entity est certes le fruit d’un Heavy Metal sous influences évidentes, mais dépassées et digérées, afin de faire prospérer le Heavy Metal gothique et horrifique qui demeure la marque de fabrique de Steve SYLVESTER.

Vidéo de Possession : cliquez ici
Alain
Date de publication : mardi 20 mai 2025