Dossier : ENFER MAGAZINE STORY
CE TEXTE A ETE INITIALEMENT PUBLIE DANS LE FANZINE PAPIER "METAL INTEGRAL" ! N° 11 DE JUIN 2001.

Si des personnes veulent contester certains points de cette interviews, ou réagir, pas de problème les "commentaires" sont faits pour...Effectivement certains passages peuvent heurter certaines susceptilités ou égaux...par contre ils ne nous paraissent pas diffamatoires.
Bonne lecture !




Il y a 18 ans, presque mois pour mois, sortait chez les libraires un magazine qui allait marquer pour l’éternité les esprits ! ENFER MAGAZINE !
Une jeunesse s’y est identifié, y a puisé son savoir, y a assouvi sa soif de découverte, a fait des rêves de Fer , s’est forgée une identité ! Il y a presque 20 ans un homme allait faire en sorte que le Heavy Métal et le Hard Rock aient leur propre magazine, pour la joie de dizaines de milliers de Hardos ! J’ai entendu beaucoup de personne ces dernières années se « vanter » d’avoir contribué à la création de ce magazine et se servir de ces dires pour « épater la galerie » ou faire bien sur un CV... alors pour savoir ce qui s’était vraiment passé, il m’a fallu retrouver celui dont le nom apparaissait en premier sur le N° 1, à savoir Gérard MANVU.
Un peu de chance, de la persévérance et je pu enfin poser à Gérard quelques questions. Face à ses réponses si sincères, passionnées et sa façon particulière de s’exprimer (il a quitté la France depuis très longtemps), je décidais de laisser à l’état quasi brut le contenu de l’interview, reçue par la poste sur une dizaine de feuilles recto verso !
Vous voilà prêts au voyage, messieurs et mesdames ? Laissez vos chapelets et autres livres saints, car s’ouvrent devant vous les portes de l’ENFER !

METAL INTEGRAL = Entrons vite dans le vif du sujet et sans plus attendre, raconte nous l’histoire de ENFER MAGAZINE !

GERARD = Je peux dire que tout a débuté au SAINT (ndlr : Boite de nuit branchée Rock et Hard) ; ça a explosé à l’époque ou je prenais mon pied sur TEN YEARS AFTER et leur I’m Going Home. Semaine après semaine j’ai vu arrivé de plus en plus de fans qui se la donnaient sur ACDC que j'adorais, mais aussi sur VAN HALEN, SCORPIONS, IRON MAIDEN, sans oublier les GARY MORE, HENDRIX ou CREEDANCE CLEARWATER REVIVAL. Des moments de rares bonheurs, remplis d’échanges, de contacts et d’argent, car Le SAINT cartonnait un max ! Ma compagne de l’époque dû partir aux USA, je l’accompagnais et permettais à mes filles d’y faire leurs études, cela m’a donné l’occasion de faire régulièrement le voyage ! C’est ainsi que j’ai vu le Hard Rock évoluer (Radios, TV, Magazines…) alors qu’en France c’était le désert ; parler de Hard Rock était mal vu. Enervé par cela, c’est au ROSE BONBON que je décidais d’organiser d’ énormes soirées Hard Rock ou l’on a vu TRUST, ACDC entre autres. Les télés et la presse m’envoyait chier alors je décidais de créer un magazine de Hard ; je l’appelai ENFER MAGAZINE. J’ai bien écrit "je", qu’on ne vienne pas me dire le contraire !

J’ai contacté un type de Montparnasse qui avait un magasin de Hard, et ce garçon ( qu’il me pardonne j’ai oublié son nom !) a réuni une équipe, et alors que je pouvais financièrement le faire , seul ou au pire avec ce garçon, j’ai été chercher de force un copain de travail (il tenait lui aussi un Club Hard à 50 km de Paris ,LE GRILLON ). J’étais pour l’union plus que pour un pouvoir exclusif, et je fis la connerie de m’associer ! Mon ami Jacky FUDEL avec qui j’avais déjà fait les 400 coups (en business comme en privé), trouva l’imprimeur et attaqua les maquettes avec l’équipe. L’équipe en question très vite chercha à nous diviser pour prendre le pouvoir dans le journal…Pensez donc ! En leur apportant un gâteau tout fait, avec notre argent, notre travail ! Les risques étaient pour nous, les financiers c’étaient nous ! Pour eux il était question d’argent, pour nous, de NOTRE argent ! Ces m…..x comme Philippe TOUCHARD et la clique ne rêvaient que de gloire et d’argent ; mais à la française, c’est à dire dans leur bled, alors que le monde nous ouvrait ses frontières ! J’avais des manges merde dans ma maisons et je ne le savais pas… Résultat, excédé par ces conflits intérieurs, je revendis mes parts en abandonnant tout ; le nom, les pubs, les abonnements en leur prédisant une fin prochaine.

Cela ne se fit pas attendre, car la passion de la musique n’ existait plus, seul l’argent motivait certains et la gloire les autres. Quand le bateau coule, les rats quittent le navire, ce que fut le premier à faire le rédacteur en chef bidon ; dont le surnom était Dany (NDLR : TERBECHE aujourd'hui manager de BLACKRAIN).
Dire qu’avant que je parte, j’avais prévu une carrière internationale à ENFER MAG car lors du Midem ou j’avais pris un stand, les pays étrangers étaient d’accord pour le diffuser dans leurs langues !

Les seuls qui aient risqué et se sont mouillés financièrement pour créer ce magazine, sont Gérard l’imprimeur et moi ! Sur la tête de mes enfants, tout ceci est la vérité ( j’ai les documents qui le prouvent !) !

Le N°1 a été vendu à 40000 exemplaires et ensuite on a augmenté de 10000 lecteurs à chaque numéro ! ROCK N FOLK et BEST (qui faisaient office auparavant avec 15% de Hard, de magazines pour Hardos) avaient refusé au départ une collaboration. L’argent venait en priorité du GRILLON et du SAINT . A ce sujet LE SAINT a été la seule vraie boite HARD du début 80, LE GRILLON s’est inspiré du SAINT et le patron n’était pas Hard du tout. Des bruits ont couru comme quoi la maffia était derrière ! Franchement les voyous, la musique ils s’en foutent, mais il est vrai que le patron n’ était pas très clair et je ne l’ai découvert qu’après…ce qui a le plus nuit au journal n’était pas ses fréquentations, mais son coté influençable.

Les journalistes se bouffaient entre eux ; c’était à celui qui allait être copain avec tel ou tel musiciens. Le problème en France c’est que tout le monde voit petit et surtout à la hauteur de son nombril ! Ces petites guéguerres à 3 sous n’ont eu qu’une conséquence, l’émergence de METAL ATTACK et de HARD ROCK ! J’avais l’intention de remonter un magazine avec de vrais pros, mais occupé avec la boite, la radio, les soirées et les concerts, j’ai laissé tomber. En plus les contrats avec des maisons de disques (NDLR : ENFER avait créé son propre label) étaient signés sans que j’en sois avisé, toujours pour se faire du fric en douce, ça me dégoûtais ! VENOM a été signé comme ça ,alors que pour moi c’était de la merde, juste pour l’argent. IAN GILLAN et GARY MORE lorsqu’ils étaient en concert ne voulaient voir que moi, cela voulait tout dire, d'autant plus que mon anglais, à l’époque était nul !

La French Heavy Metal Association c’était aussi mon idée et le résultat de nombreuses heures de travail, même chose pour le Téléphone Hard , cela a bien marché mais a été stoppé lorsque j’ai quitté ENFER. La FHMA avait du poids à l’époque car lorsque la TV me demandait 2000 Hardos pour le lendemain afin de constituer un public pour la remise d’un disque d’or à SCORPIONS à L’ELDORADO, on faisait appel à mon association et hop ! Le lendemain 2000 Hardos ne payaient pas pour assister à un événement exceptionnel ! C’était ça la FHMA !

J’ai financé et organisé plusieurs concerts, mais celui d’ACCEPT (ndlr :concert mythique à LA MUTUALITE, car 1ère apparition d’ACCEPT en France) m’a vraiment plu. Mon festival des groupes français à BALARD m’a dégoûté car les autorités m’ont interdits le concert une heure seulement avant ! Pour le festival de Mulhouse (ndlr : 1er gros festival français mais annulé à cause de la pluie !), j’étais présentateur et ENFER, sponsor uniquement. J’ai essayé d’éviter la catastrophe mais l’organisateur n’était pas très clean, c’est dommage tout ça, mais quels souvenirs !

En 30 ans de boites de nuit, les moments les plus présents dans ma tête sont ceux avec mes Hardos, et dans la boite Quai de la Gare, le LOTTA LOVE, 100% Hard que j’avais créé spécialement pour eux, car on m’a fait fermé LE SAINT à cause du bruit !

Les bons souvenirs de ma vie (qui n’est pas encore finie !) sont mes Hardos et les femmes merveilleuses avec qui j’ai vécu et bien sûr mes deux filles dont je suis très fier. Tout le reste (associé, business…) je préfère oublier, vraiment...

Si, j’oubliais de parler de Lemmy (MOTORHEAD) qui a chaque fois qu’il passait au SAINT me demandait pour se défouler du Mickael JACKSON…si si c’est vrai ! Les SCORPIONS, eux, me rappelleront à vie des javas hors normes… !


Aujourd’hui j’attends l’opportunité pour faire un tour du monde sur un bateau, en cuisine ou comme manœuvre peut importe. L’évolution du Hard depuis 1990, ne m’a pas beaucoup intéressé et j’avoue, sans être quelqu’un de renfermé, éprouver plus de plaisir à écouter les groupes de la fin 70 et du début 80. Par contre il est intéressant de voir qu'Internet va permettre à terme aux groupes, de court circuiter les maisons de disques, les artistes vont rester seuls sans intermédiaires ! Ca se sera bien !

Enfin je souhaite citer mes fidèles et honnêtes amis Gérard ST AUBIN, Jacky FRIDEL, Arnaud DELAFOSSE et Stéphane SAGUEZ ! »

Gérard MANVU


METAL INTEGRAL = Pour le petite histoire le N° 1 est sorti le 1er Avril 1983 tiré à 40000 exemplaires. Il coûtait 10f pour 32 pages.
Le N° 47 qui sorti début Avril 1987 fut le dernier et tiré à 100000 exemplaires. Il coûtait 18f pour 64 pages.

Enfin pour ceux qui depuis le début se demandent si Gérard MANVU est un pseudonyme, j’abrège vos souffrances en vous répondant : OUI !

RASKAL
Raskal
Date de publication : samedi 8 mars 2008