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Chronique
FATEFUL FINALITY - Mankind

Style : Thrash
Support :  CD - Année : 2017
Provenance du disque : Reçu du label
14titre(s) - 58minute(s)

Site(s) Internet : 
FATEFUL FINALITY WEBSITE

Label(s) :
Fastball Music
 (18/20)

Auteur : Jan
Date de publication : 04/01/18
Un thrash moderne et groovy vraiment dévastateur...
Bon, ça faisait un moment que je n’avais pas eu une énoooooooorme envie, comme un certain lapin sur une boîte de cacao jaune, de me faire un petit gommage avec du thrash violent. Du coup, pour me faire passer la tentation de me goinfrer après les fêtes, vu que je suis une véritable marmotte, un défonçage d’incisives à coups de Flying V en pleine tronche me fera le plus grand bien, histoire de ne plus subir les moqueries (ou les engueulades) de ma balance et de son aiguille un peu trop franche.

Et, c’est donc avec plaisir que je me jette aujourd’hui sur l’écoute (et l’analyse, parce que votre chroniqueuse habituelle ne fait que ça de ses journées dans son cabinet sans sofa en cuir végétal sur lequel s’allonger) du dernier né des thrasheux teutons hyper hargneux de FATEFUL FINALITY. Mankind, de son petit surnom mimi tout plein, montre son joli minois après que le groupe ait enregistré deux prédécesseurs - King Of Torture et Battery, respectivement en 2011 et 2015 -, déjà très armés jusqu’aux dents et prêts à en découdre. Mankind ne fait pas exception et déménage vraiment tous les meubles du salon. Ainsi, ne vous étonnez pas de rentrer chez vous un soir et de vous croire chez votre voisin(e), tant tout aura été mis sans dessus dessous à cause de votre gosse immature qui adore vous emmerder, pauvres parents, en vous obligeant à subir en oyant les voix horribles qui ne peuvent sortir que de la bouche de psychopathes ivrognes qui se gavent tellement de Trooper ou de Kronenbourg qu’ils doivent se rendre toutes les cinq minutes dans vos WC ou ceux des salles de concert qu’ils écument avidement pour promouvoir leur musique méphistophélique qui réveilleraient même des licornes en pleine hibernation à 1300 années-lumière de notre bonne vieille planète Terre, sur laquelle tous les tatoués portant des vestes à patches IRON MAIDEN, VENOM et MAYHEM ne sont toujours pas définitivement enfermés dans les studios de mise en boîte qui sont les seuls à supporter leur litanies mortifères sous forme de rouleaux-compresseurs à pâtisserie Lenôtre phoniques.

Bien entendu, je fais partie de ces tribus de barjots qui dévastent tout ce qui leur passe devant avec un metal incisif qui fait très mal par où ça passe quand on est non-initié(e) et beaucoup de bien quand on est une fine connaisseuse comme bibi du thrash à l’allemande ou du heavy à l’anglaise.

Et, ce Mankind est de l’excellente came, foi de moi. Tout comme Battery, ce troisième opus file tout droit sur le même chemin de désolation induite et a une folle, mais très saine, tendance à tout péter. Surtout les tympans quand on règle un peu trop fort sa sono domestique. A part ça, Mankind passe comme une lettre à la Poste (quand elle ne se perd pas, n’est-ce pas madame la factrice qui ne dépose pas toujours ce qu’il faut dans ma boîte aux lettres quand c’est le moment de le faire ?).

Débutant par une courte introduction relativement surprenante de la part du quatuor, car quasiment enfantine, Mankind n’oublie pas qu’il est de ce monde uniquement pour ne pas faire de quartier et s’arranger pour que le Mordor reprenne ses droits sur la Terre du Milieu. C’est ainsi que Autonomous a eu la lourde tâche de déblayer déjà très large, à la manière d’un chasse-neige sur une route couverte de poudreuse. Ce titre met tout le monde d’accord, même celles/ceulles/ceux qui ne le seraient pas forcément. Il n’y a pas plus agressif que cela pour une caravane faisant la promotion du thrash très groovy des outre-Rhénans. Entre les riffs monstrueux à la KREATOR, les rythmiques en syncopes qui rappellent par moment PANTERA, les tempi plus rapides et martiaux qui me font penser à du BELPHEGOR, voire du BEHEMOTH, et les duels vocaux entre les cris et les vociférations gutturales, nous avons là un brassage très personnel qui donne au thrash germain une coloration toute particulière. Cette empreinte unique a déjà été présentée par le passé par le groupe lui-même sur Battery, notamment, mais jamais aussi poussée qu’aujourd’hui. De ce fait, cela rend la musique des quatre compères d’autant plus intrigante et, donc, intéressante. Conséquemment, il est très clair que l’on a la volonté d’aller plus loin avec eux. De partager en tout bien tout honneur, n’est-ce pas, ce moment d’intimité. Et l’invitation qui nous est proposée doit être acceptée. Car, comme le dit la troisième composition, ce mélange détonnant l’est plus que jamais auparavant. Now More Than Ever est parfois plus heavy que thrash structurellement parlant, à la manière d’un PÄNZER mené SCHMIER.

La suite n’est que successions d’explosions massives avec le trio infernal Mouth Plug Money / Blind Eyes / Forsaken, ce dernier titre étant pour moi le plus direct de ce Mankind atomique. Bien sûr, les chansons qui suivent valent aussi leur pesant de cacahouètes ferriques, surtout Savage, le plus rock’n’roll de tous, et Deadpan, le plus comique et mélodique. Toutefois, Fear Of The Unknown ne manque pas de sautillant, comme un bon petit Marilyn MANSON de derrière les fagots, The Evil In Man revient à quelque chose de plus classique avec sa mélodie typique, avant que ne déboule le furieux Rampage. Enfin, ce qui troue vraiment l’arrière-train, c’est, Plague In The Rain, cette belle balade qui clôt tendrement et judicieusement ce Mankind destructeur.

D’ailleurs, pourquoi Mankind est-il si guerrier et, ponctuellement, si sombre ? En fait, il est nécessaire de faire le lien avec les textes qui dénoncent le genre humain et ses agissements égoïstes, narcissiques et cupides, sans respect pour le vivant dans son ensemble et qui se trompe souvent de chemin, aveuglé par sa colère et d’autres sentiments plus obscurs encore. Le texte qui me parle le plus est celui de Killed Alive, qui pourrait être interprété de plusieurs façons, mais dont les mots décrivent ce que les animaux dits, malheureusement, « de consommation », plus clairement « de ferme », subissent quotidiennement à la fois dans les exploitations agricoles et les abattoirs, vivant sans cesse un holocauste perpétuel. Du coup, j’imagine que je ne me planterais pas si je pensais ces musiciens végans ou, du moins, défenseurs de la cause animale, d’autant que le reste des paroles ne dépeint pas l’Humanité sous un jour très positif, même s’il y a, évidemment, des gens bons sur Gaïa. Mais bon, on peut les compter sur les doigts de la main, étant donné que très peu sont conscients de leurs actes et agissent pour le bien du collectif humain et non humain. Les mots de Savage et The Evil In Man enfoncent le clou et recouvrent l’homo sapiens d’un épais voile de noirceur, entre quelques pamphlets destinés aux metalheads, Rampage en tête.

Enfin, Mankind est digne d’intérêt puisqu’il concentre à lui seul, tout comme ses aînés, les lignes vocales de deux chanteurs, Simon et Patrick, tous deux guitaristes en supplément. Ceci permet une plus grande variété dans le chant et d’alterner hurlements gutturaux et clairs pour un meilleur équilibre des compos.

Pour moi, Mankind est une sorte de rappel à l’ordre très dynamique au travers des textes humanistes et militants qui mettent l’humain face à lui-même via son reflet dans le miroir. Peut-il encore se regarder dedans honnêtement ou élude-t-il ce qu’il voit parce qu’il sait que ses actes négatifs font beaucoup de mal à ses semblables et pas seulement eux ? Grâce à une musique brutale, la formation arrive aisément à réveiller les esprits les plus endormis. Ainsi, FATEFUL FINALITY agit sur deux tableaux de manière à être plus efficient dans le message que le combo souhaite transmettre non uniquement à ses fans mais également à quiconque poserait une oreille furtive ou attentive à son œuvre. Si vous êtes des rebelles dans l’âme, que vous contestez l’ordre établi et que vous désirez soutenir des musiciens engagés, il est temps de vous plonger dans cet album thrashy, groovy, brûlant, parce qu’il vous permettra de transcender ce bouillonnement intérieur en vous et de le transposer en actes concrets et bienfaisants auprès des autres. A contrario, si vous êtes plutôt (et trop) sages et que vous n’avez jamais osé braver les interdits, Mankind va vous pousser à le faire pour votre élévation personnelle et le salut d’autrui. Personnellement, j’ai toujours été contestataire, voire anarchiste, parce que la maxime « Ni Dieu, Ni Maître » me correspond assez bien, tout comme le rejet des normes qui enchaînent les humains et les empêchent sérieusement de prendre leur envol. De même, il a toujours été très clair pour moi que si les humains agissent en parfaits crétins, c’est parce qu’ils n’ont jamais su se défaire de leurs liens sociétaux limitatifs et pu vivre leurs rêves positifs. Du coup, il n’est pas étonnant que la frustration les tenaille et les amène à commettre des actes irréparables qui alourdissent leur karma. Mankind est là pour leur rappeler ce qui compte vraiment et leur renvoyer à la face leurs gestes barbares, surtout ceux vis-à-vis des créatures innocentes que sont les animaux non-humains dont j’abordais le sujet précédemment. Pour résumer, les échanges guitaristiques entre Simon et Patrick sont majestueux, Philipp est un as à la basse (rime à deux balles, je sais, je sais !) et Mischa donne tout ce qu’il a derrière ses fûts (et je me demande à quoi il carbure pour être aussi rapide et précis). Le mixage et le mastering, éléments très importants sur un album, sonnent très puissamment grâce à Chris SCHÄFFER et l’artwork, conjointement au design du livret, donnent une indication très claire sur la direction conceptuelle et musicale de ce Mankind très costaud. Merci à Jan SCHÄFFLER pour cela. Voilà une livraison métallique qui devrait vous envoyer chez le doc vu ses nombreux uppercuts, crochets et directs dans la tronche et un peu partout sur votre corps. Et qui, accessoirement, devrait faire gueuler tout votre quartier si vous avez la maligne idée de pousser le volume de votre chaîne HiFi à fond la caisse. Mais, ce n’est pas moi qui vais vous faire des remontrances, rassurez-vous. Cela dit, je peux vous mettre des PV si vous ne vous lancez pas dans l’audition de ce superbe témoignage studio qui modernise étonnamment le thrash à l’allemande. Donc, fissa chez le disquaire (ou sur Amazon) et que ça saute (ou pas !).


Line-up :

Simon SCHWARZER (chant, guitare)
Patrick PROCHINER (chant, guitare)
Philipp MÜRDER (basse)
Mischa WITTEK (batterie)


Equipe technique :

Chris SCHÄFER (enregistrement, mixage, mastering, production)
Simon SCHWARZER (production)
Jan SCHÄFFLER (artwork, design livret)


Studios :

Enregistré, mixé et mastérisé aux studios CLS Multimedia (Allemagne)


Crédits :

FATEFUL FINALITY (musique, paroles, arrangements)


Tracklist :

1) Intro
2) Autonomous
3) Now More Than Ever
4) Mouth Plug Money
5) Blind Eyes
6) Forsaken
7) Killed Alive
8) Savage
9) Deadpan
10) Fear Of The Unknown
11) Soil Soaked Blood
12) The Evil In Man
13) Rampage
14) Plague In The Rain*

Durée totale : 58 minutes environs

*Titre bonus


Discographie non-exhaustive :

Place 21 [démo] (2006)
Fateful Finality [EP] (2009)
King Of Torture (2011)
Battery (2015)
Mankind (2017)


Date de sortie :

Vendredi 15 septembre 2017



Now More Than Ever (Clip officiel) : cliquez ici
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