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Chronique
CHRIS BOLTENDAHL'S STEELHAMMER - Reborn in flames

Style : Heavy Metal
Support :  CD - Année : 2023
Provenance du disque : Acheté
11titre(s) - 49minute(s)

Site(s) Internet : 
CHRIS BOLTENDAHL'S STEELHAMMER FACEBOOK

Label(s) :
Rock Of Angels Records
 (16/20)

Auteur : 神の知恵
Date de publication : 21/06/2024
Un premier opus tout feux tout flammes !!!
A nouveau millésime, sa propre chair fraîche. Et cette fois, c’est encore le facétieux Chris BOLTENDAHL, infatigable chanteur et leader du groupe de fossoyeurs germaniques GRAVE DIGGER, qui s’y colle avec un troisième projet au doux patronyme de STEELHAMMER auquel il a rajouté son nom pour ne pas faire doublon avec l’autre combo éponyme. C’est avec grand plaisir que le mois de juillet 2023 a vu le grand vocaliste et ses compères accoucher d’un premier opus tout feux tout flammes, l’excellent Reborn In Flames.

Tels des phénix persévérants, le natif de Gladbeck et sa bande de virtuoses aux doigts et baguettes de fées nous ont gratifiés d’un album pas piqué des vers qui lorgne vers des horizons plus traditionnels que sur HELLRYDER et le groovy The Devil Is A Gambler. Exit donc les éléments funky ou hard rock, bienvenue à un heavy metal teinté ponctuellement de power.

La première chose que l’on aperçoit, c’est la magnifique pochette de Uwe JARLING représentant une créature ailée flamboyante qui, à la manière des anges féminins sur les artworks de Soul Temptation et Firesoul de BRAINSTORM, semble avoir une emprise immédiate sur notre regard, mais aussi sur la cité qu’elle détruit d’un revers de la main, balayant ainsi l’Humanité aussi prestement qu’un tsunami l’eût fait naguère dans une cité nippone, dont il n’est pas nécessaire de citer l’intitulé, puisqu’une double explosion nucléaire s’est ensuivie quelques heures plus tard, voilà déjà presque douze printemps. Très explicitement, cette saynète décrit l’archange incandescent venu détruire l’homo-sapiens et ses diverses civilisations, décorum que l’on retrouve dans les titres Fire Angel et Out Of The Ruins. Celui dont on ne cite pas le nom, mais qui doit certainement vous venir à l’esprit actuellement.

Outre cette impression graphique qui détonne au premier regard, le quatuor a mis les petits plats dans les grands y compris au niveau sonique. Résultat, un album magistral, très homogène stylistiquement et dans l’ensemble plus artistique que l’opus des débuts de HELLRYDER. Dès l’introduction de Reborn In Flames, on voit clairement que le groupe ne rigole pas. Il veut impressionner. Comme le fait habituellement GRAVE DIGGER. La piste déboule sur un trio basse-batterie-guitare avec un riff simplissime et une rythmique en mid-tempo à la double-pédale qui croît progressivement de vitesse. Après une minute de passage instrumental, le morceau se lance réellement non pas à la poursuite du diamant vert, mais de notre attention, à la manière du The Hangman’s Eye de GRAVE DIGGER. D’ailleurs, cette chanson est structurellement très proche de ce que faisaient les croque-morts sur The Return Of The Reaper et Healed By Metal. Des envolées guitaristiques et des chœurs solennels font partie intégrante de ce patchwork chatoyant. Les lignes vocales sont typiques du boulot de Chris BOLTENDAHL chez GRAVE DIGGER. Ce qui l’est moins, c’est l’épilogue de ce menuet sautillant que vous pourrez vous-même constater si vous faites l’acquisition de ce bijou de heavy power metal bien burné.

Chacun des titres est du même acabit. Précision et célérité sont les maîtres mots qui caractérisent cette rondelle, certes pas innovante pour un cajou, mais terriblement séduisante à bien des égards. Fire Angel, lui aussi, lorgne sur The Hangman’s Eye de GRAVE DIGGER, notamment sur les paroles, les rimes et la diction. Mélodiquement, il s’en éloigne un tantinet, mais possède toujours ce quelque-chose de similaire sur le pont qui n’est pas forcément bien identifiable. Cependant, avec son refrain répétitif, il arrive à se démarquer de son aîné grâce au jeu varié de Tobias KERSTING, très différent de celui d’Axel RITT, dans la façon dont il sonne. Plus léger dans son interprétation, il arrive à faire passer plus d’émotions. Nonobstant Axel qui demeure un branleur de manche talentueux, soit dit en passant. Mais, Tobias passe beaucoup mieux sur ce type de démonstration. Ceci n’est pas étonnant, puisque le bougre évolue dans un secteur moins pataud que le heavy traditionnel : le power metal avec son groupe ORDEN OGAN. Forcément, qui dit power dit aussi virtuosité. Non pas que dans le heavy les musiciens soient moins doués (cf le trio Adrian SMITHDave MURRAYJanick GERS, qui sont de véritables génies de la six-cordes), mais la guitare sert plus de soutien à la section rythmique que dans le power où elle est l’attraction principale. Ici, nous avons une hybridation des deux. Le travail de Lars SCHNEIDER et Patrik KLOSE est hallucinant de maîtrise. C’est de la dentelle de Calais appliquée à la fonderie de la Ruhr.

Toutefois, c’est avec les « non-singles » que l’on parvient à se forger une idée bien arrêtée sur le contenu de ce Reborn In Flames survitaminé. Beyond The Black Souls et Gods Of Steel se démarquent un chouïa, le premier rappelle Blade Of The Immortal tandis que le second, étonnamment thrashy dans l’âme, est un savant mariage entre METALLICA (Wherever I May Roam), GRAVE DIGGER (The Clans Will Rise Again) et SCORPIONS (Bad Boys Running Wild). Cependant, la formation revient rapidement vers quelque chose de plus classique avec Die For Your Sins qui flirte avec Desert Rose et Grave In The No Man’s Land, notamment à cause du passage mélodique sur le refrain et la façon de l’introduire, alors que Let The Evil Rise se concentre plutôt sur l’agressivité et la noirceur avec des grattes accordées très bas, sauf dans les soli qui se révèlent relativement lumineux, ce qui tranche réellement avec la lourdeur du titre en lui-même, qui demeure un médium très efficient qui n’aurait pas dépareillé sur le Killhammer de MYSTIC PROPHECY, par exemple. Let The Evil Rise se rapproche beaucoup de The Last Crusade de GRAVE DIGGER, voire de Blade Of The Immortal. Out Of The Ruins possède une aura arabisante discrète, présente en arrière-plan, qui colore la chanson d’un agréable voile oriental, bien que le sujet traité ne soit pas tellement axé sur les dunes du Sahara ou la forteresse de Massada. Là encore, STEELHAMMER fait mouche avec cette ritournelle épique qui s’avère le moment de bravoure sur ce Reborn In Flames divertissant et diversifié. L’impression d’écouter Clash Of The Gods est assez prégnante, bien que ce morceau soit moins folklorique.

I Am Metal entame l’ultime trio avec brio, grâce à ce qui peut s’apparenter à des blast-beats entre le chorus et les couplets, tout en n’omettant pas de jouer sur la versatilité, présentant un panel réduit des facettes de notre genre favori, naviguant entre des parties légèrement pompées sur KREATOR, des relents heavy évidents et des très courts mais remarquables voix gutturales de la part de Chris BOLTENDAHL sur le pont vocal juste avant le solo de Tobias KERSTING. The Hammer That Kills se lance sur une basse de Lars SCHNEIDER qui aurait trouvé sa place sur un album de SKID ROW avant de sombrer dans quelque-chose de plus poussif à la croisée du heavy traditionnel et du hard rock avec, là encore, un Chris BOLTENDAHL qui s’amuse à gazouiller en version grunts de débutant vers le final de cette pénultième piste. Lanterne rouge de Reborn In Flames, Iron Christ met en lumière le talent des musiciens sur une allure enlevée qui revient dans le sillon de GRAVE DIGGER avec des gimmicks caractéristiques qui, pourtant, s’en éloigne temporairement, notamment sur le deuxième tiers. Pour parfaire le tout, l’escouade infernale s’amuse à reprendre à sa façon Beds Are Burning de MIDNIGHT OIL, l’un des tubes les plus en vogue des années 80, ce qui nous ramène plusieurs décennies en arrière. Nom d’un écrasé de pommes de terre, ce petit écart ne nous rajeunit pas, bien au contraire, il nous transforme en chips goût paprika avec nos craquements articulaires. L’EHPAD et le déambulateur ne sont pas loin.

Reborn In Flames n’est absolument pas un chef d’œuvre dans son acception stricto sensu. Dans l’absolu, cette rondelle bien sympathique n’a de raison d’exister que par et pour le fun. Musicalement, le quatuor contrôle son sujet, même si les compos ne sont parfois que des resucées d’idées utilisées dans le combo principal du maestro Chris BOLTENDAHL. Après tout, c’est sa bande puisqu’elle porte son patronyme. Et quoi qu’il arrive, il n’y a pas de fumée sans feu, il est, par conséquent, normal de se retrouver avec des éléments issus de GRAVE DIGGER, à commencer par ces riffs bien massifs et ces lignes vocales typiques de l’Enterreur. STEEMHAMMER est pour le minnesinger, à l’instar de HELLRYDER ou de THE FYREDOGS, une manière de s’occuper entre deux rejetons de GRAVE DIGGER aux côtés de ses potes d’ORDEN OGAN et d’IRON SAVIOR. D’ailleurs, GRAVE DIGGER a mis sur le marché il y a peu Grave Is Yours un premier single prometteur qui ne présage que du meilleur pour son 22ème opus à venir quelque part aux alentours du dernier trimestre 2024. Reborn In Flames est un plaisant divertissement qui aura trouvé ou trouvera sans aucun doute son public parmi les fans et au-delà des Pompes Funèbres. Couillu sans en faire trop, mélodique sans être pied-tendre, ardent sans se rendre incendiaire, ce début est une joyeuse farandole qui pare les ternes instants de l’existence d’une timide pétulence qui ne dépasse, malheureusement, jamais le stade de l’explosion. Nous attendons un effort de la part de Chris BOLTENDAHL et de ses hommes sur une éventuel deuxième réalisation qui, nous l’espérons et croisons les doigts fermement pour cela, sera beaucoup plus audacieuse et rentre-dedans. Reborn In Flame demeure, néanmoins, un très honorable ouvrage qui ne vous laissera pas de marbre et qui vous procurera une convenable ration de ravissement à vos esgourdes mélomanes.



Line-up :

Chris BOLTENDAHL (chant)
Tobias « Tobi » KERSTING (guitares)
Lars SCHNEIDER (basse)
Patrik KLOSE (batterie)


Equipe technique :

Chris BOLTENDAHL (production, enregistrement, mixage, mastering, direction artistique)
Uwe JARLING (artwork)
Jens HOWORKA (photographie)
Wanderley PERNA (design pochette)


Studios :

Enregistré, mixé et masterisé aux Graveyard Studios (Cologne, Allemagne)


Crédits :

Chris BOLTENDAHL (paroles, musique)
Tobias KERSTING (paroles, musique)
Beds Are Burning (paroles, musique par MIDNIGHT OIL)


Tracklist :

1) Reborn In Flames
2) Fire Angel
3) Beyond The Black Souls
4) Gods Of Steel
5) Die For Your Sins
6) Let The Evil Rise
7) Out Of The Ruins
8) I Am Metal
9) The Hammer That Kills
10) Iron Christ
11) Beds Are Burning (reprise de MIDNIGHT OIL)

Durée totale : 49 minutes environ.


Discographie non-exhaustive :

Reborn In Flames (2023)


Date de sortie :

Vendredi 28 juillet 2023


Vidéos :

Reborn In Flames (Clip Officiel)

Beds Are Burning (Clip Officiel)

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