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Heavy metal de tradition
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Avec RAVE IN FIRE, nous tenons un quartette espagnol mixte (deux femmes, deux hommes) qui se revendique du Heavy Metal traditionnel des années 80. Encore un, pourrait-on dire ! Certes, la démarche s’avère particulièrement répandue ces dernières années. Cela dit, si l’on constate généralement un manque d’originalité, il reste à jauger de nombreux autres paramètres : la qualité du son, la solidité des compositions et la crédibilité de l’interprétation. Or, RAVE IN FIRE performe sérieusement dans ces trois catégories d’évaluation.
Le son tout d’abord. La production s’avère tranchante et le mixage assure une exposition équilibrée de chaque élément, qu’il soit instrumental ou vocal. Du coup, on n’a pas la sensation d’entendre une version passéiste du Heavy Metal des années 80 : pas de riffs de guitare aigrelets, par de batterie qui sonne comme une casserole, pas de chant qui tente de surnager dans l’instrumentation… RAVE IN FIRE prouve que l’on peut pratiquer un Heavy Metal d’inspiration ancienne avec un son contemporain, vivace sans être clinique.
Ayant loupé le premier album du groupe (Sons Of A Lie, paru en 2022), je ne saurais évaluer la marge de progression du groupe. Cela dit, on peut constater le talent du groupe quand il s’agit de créer des morceaux concis (généralement autour de quatre-cinq minutes), gavés d’accroches rythmiques et mélodiques. Dans le sillon de l’école JUDAS PRIEST, les riffs sont secs et tranchants, se lançant ponctuellement dans des harmonies en doublette, dispositif que l’on aime toujours autant. La section rythmique se distingue autant sur les morceaux mid-tempos que lors des accélérations relatives, avec notamment des lignes de basse véloces et bien présentes dans le mix. Dans sa biographie, le combo revendique la double influence de BARON ROJO et OBUS ; on serait tenté d’ajouter ANGELES DEL INFIERNO à ses débuts. Pour ce qui est des influences non hispaniques, on peut également évoquer WARLOCK.
Pour ce qui est de l’interprétation, on doit saluer le chant féminin, modulant avec brio un registre médium, entre mélodies bien pensées et agressivité sous contrôle. Dans le même ordre d’idée, les guitares alternent efficacité rythmique et accroche mélodique, avec des solos qui fuient la démonstration technique au profit de la musicalité.
A au moins une occasion, en fin d’album, RAVE IN FIRE sort de sa zone de sécurité avec le titre éponyme, dont la durée atteint 7’30. Le groupe se permet une introduction douce qui s’intensifie progressivement jusqu’à prendre un rythme de croisière au tempo assez élevé. A mi-chemin, un break mélodique est introduit efficacement. Puis, la machine repart en mid-tempo, en mode énervé. Il n’y a là rien de révolutionnaire mais ce titre marque une ambition certaine.
Quand le classicisme se trouve aussi bien servi, on se prend à apprécier des résurgences du passé, servies à la sauce moderne. On attendra un troisième album avec une certaine impatience.
Vidéo de Still Standing : cliquez ici
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