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Entre doom, stoner et sludge
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Après Goat Rider (2023) et Arcane Desert Rituals Vol. 1 (2025 cliquez ici), le trio italien KING POTENAZ s’en revient nous donner une suite à son second album, avec toujours une ambition certaine. En effet, cet album relativement bref (36 minutes) ne comporte que quatre compositions, dont deux au-dessus des dix minutes, la plus brève frôlant les sept minutes. Avec de tels formats, l’enjeu est de ne pas ennuyer l’auditeur. La gageure est largement dépassée et nous allons voir comment.
Au premier plan, Sumerian Nights débute très document, avec du violoncelle pour installer une ambiance mélancolique. Au bout de presque deux minutes, cette séquence superbe se trouve rejointe par un riff de guitare massif, le tempo demeurant irrémédiablement lent ; on songe à SLEEP. Le chant, clair mais filtré, finit par intervenir à 3’42. Il se crispe peu après, introduisant une bonne dose d’agressivité et de folie ; les deux registres sont utilisés en alternance, créant ainsi une bonne dynamique et évitant une trop grande monotonie. Cependant, c’est bel et bien la partie instrumentale qui crée le plus de points d’attache. Avec notamment une guitare qui, outre larguer des riffs de plomb, se plaît à planter des atmosphères psychédéliques du meilleur goût. La batterie s’y entend pour gagner en intensité comme pour marquer discrètement le rythme.
Le second morceau Lord Of The Rust ne prend pas de gant et fonce droit devant lui, sur un tempo autrement plus enlevé. La section rythmique propulse littéralement un riff crépitant et épais. Le chant est une nouvelle fois filtré mais propose un refrain en bonne et due forme, de bonne facture qui plus est. Une séquence plus lente finit bien par intervenir mais elle confirme la lourdeur rythmique à l’œuvre. On ressort essoré au bout de 7’44 !
Avec seulement 6’57 affiché au compteur, The Nothingness fait presque figure de single ! Pour autant, le morceau débute par une atmosphère sinistre et hypnotique, accompagnée par la batterie. Inévitablement, un riff d’airain finit par rejoindre l’ensemble, créant un magma rythmique qui fait à nouveau penser à SLEEP. Encore plus filtré qu’à l’accoutumée, le chant n’intervient qu’à partir du milieu du titre, mixé en retrait lors d’une séquence particulièrement psychédélique. Quant la lourdeur rectiligne se marie aussi bien avec les torsions psychédéliques, le résultat s’avère fascinant.
A Crack In The Void (The Empty Hand Part 2) clôture l’album avec une longue introduction douce qui s’épaissit progressivement ; à l’arrière-plan, des arrangements porteurs d’un psychédélisme lourd et angoissant rehausse une guitare dépouillée et hypnotique. Une séquence parlée finit par introduire une dimension lugubre. Au bout de 3’30, les riffs massifs sont de retour, avant qu’un nouveau break introduise le chant spectral, sur fond d’instrumentation mesurée. Une alternance entre partie massive et plages plus subtiles se met en place, dans une logique certes éminemment classique mais redoutablement efficace dans le cas présent. Au bout de onze minutes, on sort laminé de cette trance implacable.
Aucun déchet dans cet album qui recèle une dose de puissance impérieuse qui développe une confrontation fructueuse avec des tournures plus psychédéliques. Reste que le chant gagnerait à se passer du filtrage, un peu trop systématique. Pour le reste, ce mélange de Doom, de Stoner et de Sludge s’avère être une réussite est totale.
Vidéo de Sumerian Nights : cliquez ici
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