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Chronique
SLOMATICS - Strontium fields

Style : Dark / Gothic / Doom / Stoner
Support :  MP3 - Année : 2023
Provenance du disque : Reçu du label
8titre(s) - 37minute(s)

Site(s) Internet : 
SLOMATICS BANDCAMP
SLOMATICS FACEBOOK
SLOMATICS INSTAGRAM

Label(s) :
Black Bow records
 (19/20)

Auteur : Alain
Date de publication : 12/09/2023
Doom sludge transfiguré par la mélodie
En 2019, Canyons, le précédent album de ce trio irlandais (du nord) m’avait très franchement impressionné par sa capacité à combiner lenteur, pesanteur et hypnose mélodique (cliquez ici). Il aura donc fallu quatre ans, le temps d’enjamber le gouffre Covid 22 (ponctué d’un album live et de formats EP ou single, partagés notamment avec DOMKRAFT, UNGRAVEN, YANOMAMÖ, ce n’est pas rien !), pour que SLOMATICS s’en revienne en parfaite majesté. Comme si le combo avait mis à profit ces années, chiches en parution, pour accomplir et parfaire une évolution vers davantage de sensibilité, de mélodie et de clarté, déjà largement en éclosion sur Canyons, le répertoire 2023 de SLOMATICS irradie littéralement de puissance et de mélodie.

Privilégiant comme à l’accoutumée une certaine économie de moyens, SLOMATICS privilégie les riffs massifs et rugueux au contact, les lignes de chant articulées et simples, les tempos lents, les formats relativement concis (deux titres seulement atteignent ou dépassent de peu le cap des six minutes). Il en ressort une grande lisibilité d’une part, une efficacité redoutable d’autre part. Si vous voulez tester la puissance de frappe intacte de SLOMATICS, testez la hauteur marmoréenne des rythmiques de I, Neanderthal, la véhémence sale et rampante de l’introductif Wooden Satellites (qui suinte son CELTIC FROST maladif et dérangé), les murailles de riffs granitiques de Like A Kind of Minotaur. Sans compter la résurgence plus ponctuelle de rythmiques de plomb au sein de compositions plus contrastées.

Constat réitéré quand il s’agit d’aborder l’évident jaillissement mélodique qui illumine littéralement cet album magique. Même quand il s’agit de conclure une évolution essentielle, SLOMATICS réalise sa mue avec modestie et finesse : le chant s’avère dorénavant majoritairement clair et articulé, la guitare lâche des notes cristallines, des arrangements de claviers aux sonorités vintage apportent grandeur ou mélancolie. Concernant les arrangements de claviers, ils peuvent tout aussi bien accompagner et rehausser des riffs de mammouths, crasseux comme du Sludge et majestueux comme du Doom, ou au contraire créer des mélodies insistantes et grises, comme on les appréciait chez THE CURE (Seventeen Seconds, Faith, Pornography, le tout entre 1980 et 1982) ou chez JOY DIVISION. Par-delà ces noms légendaires, on sent que ces mélodies, paradoxalement tout à la fois flottantes et cristallines, doivent beaucoup à des dimensions extérieures aux cénacles du Metal. Il faudrait plutôt s’imaginer une géniale réappropriation de la mélodie dans un contexte bruitiste ; pour cela, après avoir salué le travail essentiel du guitariste Will SERGEANT au sein d’ECHO & THE BUNNYMEN, il faut rappeler l’importance du Shoegaze et de la Noisy Pop des années 90, de THE JESUS AND MARY CHAIN, MY BLOODY VALENTINE, RIDE, LUSH, SLOWDIVE… Il y a bien longtemps que l’univers Metal se trompe en s’arrogeant l’exclusivité de la maîtrise du bruit… Finalement, SLOMATICS rejoint, à sa manière bien particulière, particulièrement personnelle, les éclaireurs qui, comme ANATHEMA, ont poussé et embelli sur un substrat lourdement Metal, pour mieux gagner en personnalité, quitte à s’affranchir

SLOMATICS trace fièrement son chemin, d’autant plus qu’il peut se permettre de convoquer une multitude d’inspirations, pour le coup, totalement mise au service du projet lent, hypnotique et fascinant qui est celui du trio depuis ses débuts en 2004. Plus que jamais, l’auditeur se trouve convié à évoluer dans une sphère faite, certes de contrastes, mais avant tout de complémentarités non évidentes a priori. Ainsi, SLOMATICS fait ici la démonstration sublime que, pour progresser, il faut certes savoir enjamber ses paramètres fondamentaux et initiaux ; pour autant, il n’est pas obligé de renier ceux-ci pour mieux développer une identité renouvelée.
Strontium Fields s’impose comme une réussite majeure et incroyablement attractive ; il ne reste plus qu’à implorer les fans de Doom Sludge extrême de s’adapter à cette mutation, aux amateurs de Metal ou de Rock spatial et mélancolique de se risquer à la découverte de cet opus.

Vidéo de l’album : cliquez ici
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Pumpkin-T Le jeudi 14 septembre 2023

Ville : MARSEILLE
Un album splendide ! 19/20 facile !
Commentaire de Alain : Tranquillou milou, hombre !
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